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II. — AGNEAUX

Les agneaux sont le terrain de prédilection

des cysticerques; ils s'infestent profondément dans les pâturages en paissant de bonne heure, jusqu'au ras du sol, riierbe souillée de proglotlis et d'embryons par le chien porteur de txnia marginata.

La maladie offre souvent le caractère enzootique et prend d'emblée une physionomie des plus graves. C'est que l'infestation parasitaire de ces petits animaux est véritablement massive : les parasites charriés par le sang de la veine porte aveuglent ses divisions, produisent d'innombrables hémorragies, sillonnent le parenchyme hépatique en tous sens, criblent le péritoine et quelquefois même la plèvre de blessures suivies de péritonite et quelquefois même de pleurésie. Les embryons qui émigrent apportent les microbes infectieux de l'intestin et les ensemencent dans les séreuses.

Ânatomie pathologique. — La cavité péritonéale présente un épanchement rougeàtre, louche ou franchement sanguinolent; le péritoine offre une vive rougeur et est recouvert en divers points de sa surface pariétale ou viscérale, de fausses membranes épaisses, blanc jaunâtre et d'une quantité considérable de jeunes cysticerques : flottant dans le liquide ou fixés dans l'épaisseur des replis séreux.

Les cysticerques libres offrent l'aspect de vésicules ovoïdes parfois globuleuses, translucides, opalines, de quelques millimètres de diamètre, qui se contractent, s'allongent, se raccourcissent énergiquement.

Le foie est ramolli, de couleur lie devin, hémorragique; sa surface otTre de nombreuses traînées hémorragiques noires et sinueuses, vestiges du passage des parasites.

Ces sortes de galeries sont blanc grisâtre, semi-transparentes quand elles sont plus anciennes ; elles sont toujours irrégulières, de quelques millimètres à un centimètre et demi de longueur sur 3 à 4 millimètres de largeur.

La rate et les reins sont sains.

La cavité thoracique présente les lésions dune pleuré-

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sie fibrineuso ou hémorragique : mais elles sont moins prononcées que celles du péritoine. Le poumon oflVe les mêmes traînées que le foie, mais elles sont surtout abondantes vers les bords et la face postéro-inférieure (1).

Quand ranimai n'a pas rapidement succombé à ces lésions aiguës, les trajets creusés dans le foie se cicatrisent et il ne reste plus à la place de chaque galerie veineuse qu'une traînée fibreuse déprimée à la surface : cette forme de périhépatite chronique est commune à observer.

Symptômes. — Les agneaux, atteints au suprême degré, restent en arrière du troupeau, la tête basse, les oreilles pendantes, les yeux larmoyants, chassieux et à demi fermés ; la conjonctive et la muqueuse buccale sont pâles, d'un blanc mat ; l'appétit diminue, la soif augmente, la rumination devient irrégulière et lente, les selles sontnormales; la laine se laisse aisément arracher; les animaux sont faciles à saisir et n'opposent qu'une faible résistance : la respiration est accélérée, surtout quand la température est élevée. Bientôt la palpation et la percussion indiquent de l'ascite. La faiblesse augmente rapidement et les agneaux meurent quatre à cinq jours après l'aitparition des premiers symptômes.

Les manifestations morbides sont moins accusées quand l'invasion parasitaire est plus restreinte ; la maladie revêt une physionomie chronique; elle est presque exclusivement caractérisée par des signes d'anémie progressive favorable à d'autres infestations parasitaires.

Les animaux qui résistent à la première atteinte de la cysticercose peuvent se rétablir graduellement.

Diagnostic. — L'autopsie d'un malade fait reconnaître les cysticerques et permet de caractériser la malailie que les symptômes ne peuvent faire diagnostiquer. On peut même reconnaître, dans les formes aiguës, la date de linliltration. Les rudiments de crochets n'apparaissent,

(1) Averadère, Cysticercose enzootiquedes agneaux (Revue vét., IS98).

en effet, dans les cyslicerques que vingt-cinq jours après l'ingestion. Quand les crochets sont bien formés, on peut en déduire que la date de l'infestation remonte au moins à un mois.

Traitement. — On peut prévenir le développement de la maladie; on ne peut la guérir. Les chiens doivent être débarrassés de leurs ténias; l'administration de ténifuges et les mesures susceptibles d'empêcher la réinfestation de ces animaux sont la sauvegarde de la santé des troupeaux.

Les agneaux qui vontdans les pâturages ne peuvent j contracter la cysticercose, si les chiens sont mis dans l'impossibilité de l'y semer en y répandant des embryons de cysticerques.

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