‹ Pathologie mentale des rois de FranceChapitre 140 sur 183 · Partie I Louis V' duc d'Anjou · texte numérisé non relu

Partie I Louis V' duc d'Anjou

Section 1. — Anamnése collatérale.

§ 1. Erère aîné Charles V, dit le Sage, roi de France (1337-1380).

La partie II de ce chapitre est consacrée à son étude.

§ 2. Jean duc de Berry (1340-1416).

A. Antécédents physiologiques. — Molilité, système nerveux, nutrition : pas de renseignements. — Fonctions génésiques : excès sexuels.

Froissart, XII, 523 : « Il avoit grant imagination, et bien le montra, que secondement il fust remarié; car il n'eut oncques arrest, ne séjour, mais mist clercs en œuvre et messagers, pour envoyer devers le conte Gaston de Fois, qui avoit en garde la fille au conte Jolian de Boulongne, et Favoit eue depuis plus de neuf ans. Or, pour tant que le duc de Berry à ce second mariage ne pouvoit venir, fors que par le dangier du conte de Fois (car, au fort, le dit conte, ne pour père, ne pour mère, ne pour pape, ne pour prouchain que la damoiselle eust, il n'en eust rien fait s'il ne lui fust bien venu à plaisance), il en parla au roy de France, son neveu, et au duc de Bourgongne, son frère, et leur pria très-affectueusement qu'ils s'en voulsissent chargier avccques luy et ensonnier.

Le roy de France en eut bons ris, pour tant que le duc de Berry, son

oncle, estoit jà tout ancien, et luy dit : <( Bel oncle, que ferés-vous « d'une telle fillette? Elle n'a que douze ans, et vous en avés soixante. (( Par ma foy, c'est grant folie pour vous de penser de celle chose. « Faites-en parler pour Jehan, beau cousin, vostre fils, qui est jeune « et à venir. La chose est mieux pareille à luy que elle ne soit à « vous. )) — « Monseigneur, respondit le duc de Berry, on en a « parlé, mais le conte de Fois, à qui il tient, n'y veut entendre ; et « crois que c'estoit que mon fils vient d'Armeif;nac, et ils ne sont pas (( en trop bon amour ensemble. Se la fille de Boulongne est jeune, je « l'espargneray trois ou quatre ans, tant que elle sera femme et par- « crue. » — « Voire, dit le roi, mais elle ne vous espargnera pas. » Et puis dit, tout en riant : <( Bel oncle, puisque nous voyons que vous « avés si bonne affection à ce mariage, nous y entendrons volon- « tiers : c'est raison. »

Journal de Nie. de Baye, I, 248 : «Mardi, xx<^ jour de novembre [1408]. Assez tost après ix heures au matin, firent les seigneurs de la Court partir les advocas, procureurs et autres estans aux Plaidoiries, et tindrent conseil sur certeinnes lettres envolées par le duc de Berry à monseigneur Henry de Marie, premier président, sur ce que la Court avoit eu plainte d'une juesne fille, d'environ viij ans, née de Bourges, de bourgoisie, que voloit marier icellui duc à un peintre alemant qui besoignoit pour lui en son hostel de Vincestre lez Paris; contredisant la mère et autres amis, comme l'en disoit. Et de fait avoit fait détenir icelle fille le duc en son chastel d'Estampes, où estoit aie un huissier de Parlement, par justice, quérir ladicte fille, que l'en lui avoit refusée, pour quoy avoit adjorné les desobeyssans céans. Sur quoy avoit en présent envoyé lesdictes lettres audit président, contenens en effect que se pranroitàsa personne et à ses biens, se la chose prenoit autre conclusion qu'il n'eust ordonnée. Sur quoy fu délibéré que aucun, ou aucuns des seigneurs de céans alassent audit duc le desmouvoir, combien que ledit président se presentast d'y aler en sa personne. »

Id. ibid. I, 253 : 1409. « Lundi, vij^ jour de janvier. Cedit jour, à heure de x heures, s'est retraicte la Court au Conseil pour certeinnes lettres que le grant maistre d'ostel a monstrées à la Court, par lesquelles le Boy lui mandoit qu'il feist commandement à la Court qu'elle ly delivrast Gilette la Mercière, fille de ix ans environ, qui estoit en la main de la Court, et en cas de refus que la preist et baillast au duc de Berri, qui s'en disoit avoir la garde en son chastel d'Estampes paravant, et laquelle il voloit marier à un peintre qui ly faisoit besoigne, comme l'en dit, contredisant la mère et justice requérant, »

Accuse d'inversion par les contemporains : Froissart (éd. Kervyn), XIV, 373 : « Or regardés le grant meschief et comment les aucuns seigneurs sont menés. En ce Sohier n'avoit sens, ne prudence qui à recorder face, fors la folle

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plaisance du seigneur qui ainsi Tavoit enchierry, ainsi que le duc de Berry en ce temps avoit Take Thiebault, ung garchon aussi de nulle valeur, auquel par plusieurs fois il avoit bien donné la somme de deux cens mille frans et tout perdu. »

— Id. ibid. XIII, 313 : « Le duc se tenoit à la Nonnette-en- Auvergne, et Tacque-Tibaut delés luy, où la greigneur partie de sa plaisance s'arrestoit. Ce Tacque-Tibaut estoit un varlet et un faiseur de chausses, que le duc de Berry avoit en ame, on ne savoit pourquoy, car en le dit varlet il n'y avoit ne sens, ne conseil, ne nul bien, et ne tendoit fors à son grant profit; et Tavoit le duc de Berry enrichi en bons jeuiaux, en or et en argent de la valeur de deux cens mille francs; et tout avoient payé les povres gens d'Auvergne et de la Languedoc qui estoient taillés trois ou quatre fois l'an pour accomplir au duc ses folles plaisances ^ »

Religieux de Saint-Denis^ t. VI, p. 32 : « Quamvis tamen suis benivolis dulcem et mansuetum se continue offerret, ad vindicandum tamen sibi verbis illatas injurias per suos satellites, et precipue paucorum qui ipsum adinventorem exactionum popularium publicantes, eumdem ducem inexplebilis cupiditatis nominabant. Et cum a suis secretis familiaribus sepius culparetur quod, nimiam prodigalitatem amplectens,

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