‹ Patineau, ou, L'héritage de ma femmeChapitre 27 sur 29 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

nORTENSE.

Comment, vous étiez jaloux de M. Valnoir ?

Non, c'est du baron.

Du baron? mou futur beau-père ?

Non , c'est de Gustave !.. Et il ne me fait pas peur!

VALNOIR,

Mon fils, qui a quinze mois !

Votre ois!.. Quoi! son père, ce n'est donc pas ma femme?.. Non, sa mère, ce n'est donc pas M. Dubreuil?

VALNOIR.

M. Dubreuil, dont vous vouliez refuser l'héritage...

RAFFLÉ.

Dont nous voulons refuser...

VALNOIlî.

Mais vous ne ferez pas une semblable folie , d'autant plus que je sais par le notaire que les 100,000 francs ne peuvent tarder à vous être comptés... (Patineau tend la main à Valnoir, qui la lui serre.) On n'attendait pour tout régler que la présence d'un héritier dont on n'avait pas encore retrouvé la trace...

Nous serions dix ?

Une certaine demoiselle Scolastique Bertrand...

M""^ EAFFLÉ.

Scolastique Bertrand !

RAFFLÉ, en grande joie.

C'est ma femme... Victorine Scolastique Bertrand. C'est ma femme.

Comuient, est-ce que tu accepterais?

RAFFLÉ.

Si j'accepte ! cent raille francs !..

Ah!

VALNOIR, à Palineau.

Le notaire n'a pu recevoir votre renonciation, mais voici une lettre qu'il m'a remise pour vous.

Une lettre du notaire!.. Nous allons enfin savoir. « Monsieur, je vous envoie une copie du » testament qui vous intéresse. »

RAFFLÉ.

Qui nous intéresse !

PATINEAU, lisant.

« Seul, abandonné et sans famille... je lègue » toute ma fortune aux âmes bonnes et chari- » tables qui, me croyant pauvre, m'ont entouré » de soius et d'amitié. » (Parlé.) C'est bien écrit.

* Valnoir, Hortense, Tatiueau, Rallié, M"'' Rafflé, Babinelte.

Ça m'attendrit !

PATINEAU, lisant.

« Parmi elles, j'ai toujours su distinguer la » bonne et sage M"« Hortense Palineau » (Parlé,)

Sage!.. C'est très bien écrit. (Lisant.) « à qui )) je suis heureux de pouvoir laisser un souvenir » de ma reconnaissance et de mon estime. » Son estime !

Ain : Renaud de MoutauLan. , /:

Ah! lève vers moi ton regard!

Femme adorée, estimable, complète.

De ce respectable vieillard...

(Car je lui rends son épithète!) J'accepte les bienfaits et l'or!

Et, cependant, en suis-je digne, Moi qui, dans mon délire insigne, Te repoussais, toi, mon trésor!

Toi, mon seul bien, mon vrai trésor.

(Pendant qu'ilchante cecouplet, Rafllé essaie de lui prendre le testament afin d'y lire ce qui le concerne. )

HORTENSE

Mon ami!

M"' RAFFLÉ.

Mais après...

RAFFLÉ, prenant le papier.

Oui, donne, donne. (Lisant.) « Ariicle 9. A » M""" Patineau... Article 10. A Scolastique Ber- » trand. » A ma femme ! « Je donne et lègue un » petit coffret en ivoire...

M"" RAFFLÉ.

Ah ! je sais ce qu'il y a dedans.

RAFFLÉ.

Des billets de banque?., une mèche?..

M"* RAFFLÉ,

Juste !

RAFFLÉ.

Je refuse! mais je suis vexé!

C'est bien fait! Aussi pourquoi était-il venu avec cet article de journal? une plaisanterie! Il fuut avoir l'esprit bien mal fait!., pour ne pas entendre la plaisanterie ! (il prend le journal.) Et ce portrait... il ne m'a jamais ressemblé, il est très laid, il ressemble à Rallié!

RAFFLÉ.

A moi?

M™^ RAFFLÉ.

C'est vrai.

(On rit.)

Mon cher Valnoir, j'espère que j'aurai l'honneur de vous fournir la... bougie au bal de noces. Patineau! bréveié, au Cierge i)ascal\ RAFFLÉ, haussant les épaules.

Pouh !

Maintenant, allons dîner!

M"" RAFFLÉ.

Et les assiettes ?

RAFFLÉ.

Et tout qui est empoisonné.

Au fait... cet arsenic?

BARINETÏE.

C'était pour les rais !

Parbleu ! Qu'il est bêle ce RaOlé... (A sa fcm*

•Ht

me.) Embrasse-moi encore, cher ange. On peut manger dans la terre de pipe..., A table !

ciiœun.

An:

A table, et buvons à plein verre.

Cnlssous, amis, de grand cœur,

En chœur, A la santé du légataire, la mémoire du testateur.

Honneur A ce généreux bienfaiteur.

(Au public.)

Aie iu Baiser au (loiteur.

Vous le savez, un brevet m'affriande,

11 m'en faut un, oui, mais non plus pour inol,

Quel souverain, à mon humble demande,

L'accordera? Cherchons bien... Par ma foi...

Mais le public n'est-il pas roi?

C'est donc à lui que je m'adresse.

Messieurs, auprès de Votre Majesté,

Je sollicite, pour la pièce.

Un brevet... de longévité.

REPRISE DU cncEun.

A table I buvons, etc.

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