‹ Patrie, opéra en cinq actes et six tableauxChapitre 49 sur 76 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

KARLOOp sans prendre l'arme qu'on lui montre.

A quel litre?

ALBE

Celui D'officier dans ma garde !

RAFAËLEj joyeuse.

Ah! oui, mon père, oui !

KARLO, simplement.

Je ne puis...

ALBE

Quelle âme hautaine !

KARLOO.

Je ne puis pas entrer au service du roi ! Monseigneur !

ALBE

Ah ! pourquoi?

KARLOOj avec une irritation mal contenue.

Je ne puis pas entrer au service du roi !

ALBE

Eh! monsieur, dans nos guerres, L'avez-vous pas servi naguères!

KARLOO.

Jamais, non, jamais contre mon pays !

Vous ignorez encor sans doute qui je suis!

ALBE

Monsieur !

KARLOOj montrant son épée sur la table.

Ah! connaissez mieux celte rude épée, Faite pour la main d'un soldat loyal; Sa lame rustique est deux fois trempée, Pour servir le droit, pour punir le mal !

S'il faut protéger les enfants, les femmes, Joyeuse, elle vole hors de son fourreau ! Elle n'a jamais, daas les bourgs en flammes, Prêté lâchement son aide au bourreau.

Honnête besogne en pleine lumière,

Telle est sa devise et tels mes serments!

Pour trahir jamais notre foi première.

Nous sommes tous deux de trop bons Flamands!

ALBE, hors de lui.

C'est trop d'audace !

ENSEMBLE

KARLOO, à part, emporté.

Non ! mieux vaut toute disgrâce Que ces honneurs infamants !

La colère en moi l'emporte.

Ah! qu'il me livre aux tourments!

Que je meure! Eh bien, qu'importe!

Qu'importe un obscur soldat!

Les meilleurs combattront bientôt le bon combat!

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