‹ Patrie, opéra en cinq actes, six tableaux, poèmeChapitre 14 sur 74 · VARGAS · texte numérisé non relu

VARGAS

Une bonne figure !

NOIRCARMES.

Oui, l'on ne dira pas Que celui-là conspire.

(A Jonat tout à coup.)

Eh ! réponds-moi, mon maître, N*aimes-tu plus le duc, n'aimes-tu plus le roi ?

JONAS, tout tremblant.

Moi, monseigneur ! Bon Dieu !

NOIRGARMES.

Pourquoi N'entend-on plus les airs joyeux de ton beffroi ?

JONAS

Mes cloches ont perdu leur gaîlé coutumière,

NOIRGARMES.

Qu'est-ce à dire ?

JONAS

Jadis, elles chantaient gaîment, Elles chantaient dans la lumière!

Et moi, dans leur cage de pierre, ' J'allais, venais, gaillardement.

Léger, je grimpais jusqu'au faîte R{'),t,^ler les carillons de fête; Elles tintaient clair autrefois, Elles tintaient clair toutes trois I

Ah ! Seigneur ! Quelles belles voixl Et qu'elles avaient fière raine, IJans la tour noire du beffroi, Quand on sonna pour Graveline l Le gros bourdon et Jacqueline, Et Jeannelon, semblaient, ma foil Dig, din, don, rire comme moi ?

îui, plus oemascara^ De calNpusels, de cavalcade ' Ah ! me^^loches ne chai^ti^t pas !

Elles s'en donnaient à voix haute, Mais on meurt ;è€ n'est pas leur faute Si je dois tai^t' sonW le gl^s !

Elles mai peur du bruinSçs armes ; Taia-^ pauvres gens sont'^èn larmes!

m^ux vaut qu'elles ne chanie^pas!

NOIRCARMES.

Bonhomme, à d'autres jeux le duc veut qu'on s'apprête. Ya donc régler encor tes carillons de féie.

JONAS, avec joie.

Flamands?

NOIRCARMES.

Par le ciel, non !

A tes cloches tu vas apprendre Des chants d'Espagne au lieu de tes vieux airs de Flandre^ Sinon... la mort 1

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