VARGAS
Une bonne figure !
NOIRCARMES.
Oui, l'on ne dira pas Que celui-là conspire.
(A Jonat tout à coup.)
Eh ! réponds-moi, mon maître, N*aimes-tu plus le duc, n'aimes-tu plus le roi ?
JONAS, tout tremblant.
Moi, monseigneur ! Bon Dieu !
NOIRGARMES.
Pourquoi N'entend-on plus les airs joyeux de ton beffroi ?
JONAS
Mes cloches ont perdu leur gaîlé coutumière,
NOIRGARMES.
Qu'est-ce à dire ?
JONAS
Jadis, elles chantaient gaîment, Elles chantaient dans la lumière!
Et moi, dans leur cage de pierre, ' J'allais, venais, gaillardement.
Léger, je grimpais jusqu'au faîte R{'),t,^ler les carillons de fête; Elles tintaient clair autrefois, Elles tintaient clair toutes trois I
Ah ! Seigneur ! Quelles belles voixl Et qu'elles avaient fière raine, IJans la tour noire du beffroi, Quand on sonna pour Graveline l Le gros bourdon et Jacqueline, Et Jeannelon, semblaient, ma foil Dig, din, don, rire comme moi ?
îui, plus oemascara^ De calNpusels, de cavalcade ' Ah ! me^^loches ne chai^ti^t pas !
Elles s'en donnaient à voix haute, Mais on meurt ;è€ n'est pas leur faute Si je dois tai^t' sonW le gl^s !
Elles mai peur du bruinSçs armes ; Taia-^ pauvres gens sont'^èn larmes!
m^ux vaut qu'elles ne chanie^pas!
NOIRCARMES.
Bonhomme, à d'autres jeux le duc veut qu'on s'apprête. Ya donc régler encor tes carillons de féie.
JONAS, avec joie.
Flamands?
NOIRCARMES.
Par le ciel, non !
A tes cloches tu vas apprendre Des chants d'Espagne au lieu de tes vieux airs de Flandre^ Sinon... la mort 1