ACTE PREMIER
L’'Enseiexe. Ils sont gris!
MiGuEL (jouant). Bah!laissons-les!.. nous sommes en carnaval.
L’'ENSEIGNE. Au fait, oui, c’est mardi gras.
Navarra. Et dire que nous sommes là, à geler pour ces maudits Flamands!
UN SoLDAT (arrivant du fond). On demande le capitaine Rincon à la maison de ville.
Micuez. Il n’est pas là.
NavarrAa (à l'enseigne qui prend un broc). Verse donc!
L’'ENSEIGNE. C’est vide. (A une ribaude.) Eh, Carmelita!
CARMELITA (venant du fond). Leurs Seigneuries veulent boire? À
L’ENSEIGNE. Oui, ma belle enfant! (Elle verse à boire.)
RiNcoN (rentrant). Ma foi, je ne sais plus où donner de la tête; voilà maintenant tout un village qui nous arrive.
MiGuEz. (Capitaine, on vous demande à la maison de ville.
RiNcon. Oui, je sais; pour les arquebuses de la garde bourgeoise.
L’ENSEIGNE. On la désarme?
Rincon. Oui, c’est plus sûr! (Au soldat à droite qui fourbit son épée.) Passe-moi mon épée et un verre de bière. (A Carmelita qui accourt.) Ah! c’est toi, Carmelita?
CARMELITA (lui versant à boire). Oui, capitaine.
Rincon (tout en buvant, regardant une chaîne d’or qu’elle a au cou). Tu as une jolie chaîne; —qui t’a donné cela?
(D'autres ribaudes accourent pour voir la chaîne.)
CARMELITA. C’est Pacheco qui me l’a donnée.
Rincon (l’embrassant). Pacheco est un heureux mortel! Au revoir!
Ux SozpaT (à gauche). Capitaine, voici encore une douzaine de personnes arrêtées!
RiNcon. Encore! à tous les diables!
Micquez. Mettons-les ici sous ces piliers.
Rincon. Ma foi, où vous voudrez! Miguel, j'y renonce.
(Il sort par le fond, à droite.)