SCÈNE II Les MômEs, KarLoo, LA TRÉMOÏLLE
Karloo entre seul par la droite vivement. Tout le monde s’écarte devant lui, et les gens qui viennent de parler se le montrent au doigt.—La Trémoille entre derrière lui, botté et éperonné pour le départ. Il se place sur son chemin, puis l’arrête au moment où il va continuer sa route à gauche.
La TRÉMoïLLE. Capitaine, je vous suis depuis le Palais! Pardonnez-moi de vous parler comme si j'avais l’honneur d’être votre ami! Où allez-vous ainsi, pâle et défait? Croyez-moi, Monsieur, ne faites plus un pas de ce côté!
KarLoo. Merci, Monsieur! mais c’est là qu’est mon chemin... à la Grande-Place, où j'ai quelqu'un à voir.
LA TRÉMOÏLLE (vivement). Vous n’y verrez qu’un affreux spectacle! De grâce, Capitaine, attendons, dans quelque rue écartée, que les portes de la ville soient rouvertes!… Et deux bons chevaux que j'ai à la porte de Flandre.
KARLoo. Vous parlez, en effet, comme un ami de vingt ans, Monsieur, et je vous rends grâce de tout mon cœur! Mais je ne saurais accepter vos offres! Le comte de Rysoor est mort...
LA TRÉMoïLLE. Je le sais!
KaRLoo. Sa veuve ne le sait pas! (C’est à moi de le lui dire. Et, cela fait... j'ai bien des affaires à terminer dans cette ville!
La TRÉMoïiLLE. Ah! Capitaine, vous me désolez!…. Adieu donc!.…..
KARLoo. Adieu!
(IL veut sortir par la gauche.—La Trémoille le suit des yeux.)