‹ PatrologieChapitre 113 sur 143 · VI. — Aiarélius Prudence (mort vers · texte numérisé non relu

VI. — Aiarélius Prudence (mort vers

Auréliiis Prudence Clément naquit à Sarragosse (Ceû^^ar- Augusta]. Cependant Calagurris (Calahorra) revendique aussi l'honneur d'être le lieu de sa naissance. Il est certain en tout cas qu'il sortait d'une famille distinguée. Après avoir achevé l'étude de la rhétorique, il embrassa la carrière d'avocat, où il obtint de brillants succès ; aussi le voyons-nous peu de temps après remplir à deux reprises les fonctions de gouverneur impérial. Mais il était de ces hommes, nombreux alors, qui, dégoûtés des splendeurs terrestres et des agitations mondaines, se retiraient dans la solitude pour se donner tout entier à Jésu.s-Christ. Eloigné des aiTaires publiques dans sa cinquantième (?) année (398), il consacra le reste de sa vie à la poésie religieuse, et en 403 déjà il publiait un recueil de morceaux, dont il parle ainsi dans sa préface (vers 35-42) :

Peccatrix anima stultitiam exuat,

Saltem voce Deuni celeLret, si meritis nequit :

Hymnis continuât dies, Nec nox ulla vacet, quin Dominvim canat. Pugnet contrat hseresos, catholicam discutiat lidem,

Conculcet sacra gentiura.

Labem Roma tuis inférât idolis, Carmen martyribiis devoveat, laudet apostolos.

Dans ces productions. Prudence se montre un des poètes chrétiens les mieux doués et les plus féconds dans le genre lyrique, didactique, moral et même apologétique. Gracieux et élégant, plein de feu et de majesté, l'auteur du Salvete flores avait dans l'àme un lyrisme tendre et élevé '. La richesse, la variété, la parfaite orthodoxie du fond sont encore rehaussées et rendues plus attrayantes par l'élan poétique et par l'aisance de la diction. Ses poésies, dont la plupart portent des titres grecs, sont les suivantes :

1° Liber Kaôvî/xî/sivwv, ou recueil d'hymnes pour tous les jours, le soir et le matin, pour l'office des morts, Noël et lEpiphanie. C'est de ces dernières qu'est tiré le Salvete flores martyrum, où les saints innocents de Bethléem sont comparés à des fleurs abattues par l'orage.

* F. Clément, les Poètes chrét., p. 88. (Cit. du trad.J

2° Liber 'ATro^îwa-i,-, en 1085 hexamètres, où l'auteur exalte la divinité de Jésus-Christ et la venge des injures des païens.

3° Liber 'Ay.c/.pzLyhw/., en 965 hexamètres sur l'origine du péché, en réfutation des marcionites et des manichéens : Gignimus omne malum proprio de corpore nostro.

A" Psychomachia, poème didactique en 915 hexamètres, qui dépeint la lutte du vice et de la vertu dans Tàme humaine.

5° Deux livres contre Symmaque, préfet de Rome, qui menaçait de réintroduire l'idolâtrie en voulant faire relever l'autel de la Victoire dans la salle des séances (curia) du sénat romain.

6" Liber riîpî (x-s'^âvwv (De coronis), recueil de quatorze hymnes et cantiques, la plupart très-étendus, en style lyrique et élégiaque, sur les saints qui ont conquis la couronne de la victoire.

9° Diptychon (At7rTo;^atov), enchyridion hisloriarum Veieris et Novi Testamenti , ou chaque groupe de quatre hexamètres retrace un fait et offre ainsi un abrégé des principaux événements de l'histoire sainte. Son authenticité est douteuse, et il est bien inférieur aux autres pour le fond des idées.

Nous donnons ici quelques échantillons de chaque partie :

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