XIII. — Véi^ance Fortunat [mort vers
Vénance Fortunat, le meilleur et le plus fécond des poètes du sixième siècle, naquit à Trévise, en Italie, et fut probablement élevé à Ravenne". Tourmenté par une maladie d'yeux très-douloureuse, il se rendit au tombeau de saint Martin, et y trouva la guérison qu'il espérait (565). Pendant son séjour en France, il fut nommé évêque de Poitiers, et mourut en 603.
De ses trois cents compositions nous mentionnerons : une Vie de saint Martin (quatre livres), composée sur l'invitation de Grégoire de Tours. Il y célèbre, d'après la prose de Sulpice Sévère, la vie, les actions et les miracles de saint Martin, ainsi que l'avait fait Péricorius : un Poème sur son voyage ; Onze livres de poésies sur divers sujets et sous toutes les formes, des épitaphes, des épigrammes, des lettres.
Plusieurs compositions de courte haleine, des épitaphes, ont une grande valeur poétique ; quelques-unes ont passé dans la liturgie, telles que : Pange lingua gloriosi prœlium {lauream} certamijiis, — Crux fidelis inter omnes arbor una nobilis, — Vexilla régis prodeunt, fidget crucis mysterium, — Quem terra, poîittis, sethera, etc.
Libelli III, seii carmen elegiacum de excidio Thuringise ex persona Radegundis, où il exprime la douleur de cette reine sur la ruine de sa patrie et l'oppression de son peuple.
Une Vie de saints (en prose) : saint Hilaire de Poitiers, saint Remy de Reims, saint Médard, sainte Radegonde, reine, etc. L'authenticité de quelques-unes est douteuse. L'£'a:;}05?Y/o fidei catholicœ (Symb. Athanase), imitée du travail de Rufm, fait aussi partie de ses ouvrages en prose.
Opéra. La meilleure édition, publiée d'après les anciennes, est de Brower, Mogunt., 1603; Lucchi, Rorase, 1786, 2 vol. in-4°; Migne, sér. lat., t. LXXXVIII. Voy. R. Ceillier, t. XVIII, 2<= édit., t. XI; Histoire littéraire de la France, éd. Palmé, t. III.
Voici quelques échantillons de sa poésie :