SCÈNE II
VIRGINIE, seule .
Bruits lointains, — chants des matelots, Soupirs de la brise et des flots,
Bercez jusqu’à l’aurore Mon rêve et mes amours!..
Avec une exaltation joyeuse.
Paul!., mes amis!., demain vous me verrez encore ! Ma mère cède enfin à ma voix qui l’implore; —
Près d’elle... près de vous je reste pour toujours ! Pour toujours!..
Après un long silence.
Quelle sérénité dans les cieux, dans mon âme!
O brises de la nuit, sous vos ailes de flamme Je ne me sens plus tressaillir,
Et mon cœur apaisé semble se recueillir!..
Il m’aime!., la forêt, les vents, la mer lointaine Redisent ce doux mot en accords infinis!
Je l’entends murmurer aux flots de la fontaine Et je l’entends chanter aux oiseaux dans leurs nids!..
Ab!
Chantez, oiseaux!., chantez encore Ainsi qu’autrefoislj Que votre voix sonore Se mêle à ma voix!..
Chantez, oiseaux !.. chantez encore!
Sous les lianes et les fleurs,
A travers le feuillage sombre,
Je crois voir palpiter dans l’ombre Vos ailes aux mille couleurs!
0 chers oiseaux que j’ai vus naître Et que j’ai nourris de ma main,
Vous semblez m’aimer, me connaître !..
Partagez mou bonheur!., on nous unit demain! Chantez, oiseaux!., chantez encore Ainsi qu’autrefois !
Que votre voix sonore Se mêle à ma voix !
Chantez, oiseaux!., chantez encore!..
Quelle sérénité dans les cieux, dans mon âme !
O brises de la nuit, sous vos ailes de flamme Je ne me sens plus tressaillir,
Et mon cœur apaisé semble se recueillir!..
Portant la main à son cœur.
Ah !
Elle se dirige en chancelant vers un banc de gazon.
Le bonheur oppresse!..
Je me sens défaillir!..
Elle s’assied.
Tout flotte à mes regards!..
Elle s’étend sur le gazon.
Dans cette vague ivresse Qu’il serait doux de s’endormir!..
Virginie s’endort. — Sileuce.