‹ Paul et Virginie (volume 3)Chapitre 8 sur 92 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, MÉALA.

méala.

Ma jeune demoiselle, ayez pitié de moi!

VIRGINIE, se retournant à la voix Je Méala.

Ah! pauvre malheureuse!..

A Paul.

Quelle misère !..

Voi !

MÉALA.

Hélas! traînant ma vie A travers la forêt, par les chiens poursuivie,

Je fuis mon maître!

PAUL

Il t’a maltraitée?..

MÉALA.

A ses pieds,

Je demandais grâce!..

Tendant vers lui ses bras qui porteut la marque des coups de fouet.

Voyez ! . .

PAUL

Quel est- il?

MÉALA.

l?n colon de la rivière noire.

PAUL

Celui peut-être à qui le gouverneur A vendu son domaine?

MÉALA.

Oui, pour notre malheur!

PAUL

On m’a parlé de lui; j’eu ai gardé mémoire.

M KALA, à Virginie .

Je cherchais la mort... lasse de soutt'rir;

Mais vous êtes douce à qui vous implore,

Et je me suis dit : puisqu’il est encore Des cœurs généreux, faut-il donc mourir?

VIRGINIE, avec bouté.

Rassurez-vous, infortunée !..

Voici du lait, voici du pain...

Elle place une jatte de lait et du pain sur une table.

ENSEMBLE

MÉALA, s’asseyant.

La pauvre esclave condamnée En pleurant bénit votre main !

Dieu même ici vous a menée!

Mangez, mangez à votre faim.

PAUL, à part, regardant Virginie.

L’aumône par elle donnée A plus de grâce dans sa main !

VIRGINIE, bas à Paul.

Hélas! où nos mères sont-elles?

PAUL

Sans doute à Port-Louis ;

Un navire est venu, dit-on, de leur pays...

A quoi songes-tu donc?

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