P. VUE
Non, c’est gauche, c’est lourd, Cela manque d’éclat, de grâce, de contour...
Sais-tu que tu n’es plus facile à satisfaire?
PAUL
Parce que je commence à savoir mon affaire.
Ou plutôt je commence à l’aimer.
, C’est tout un.
PAUL
.\utrefois le travail était un importun Dont je me résignais à subir la visite ,
.Mais que j’expédiais, bien ou mal, au plus vite : Aujourd’hui, c’est l’ami qui vient toujours trop tard.
Qui part toujours trop tôt, — Ah! l’art, cher père, l’art! Quel bienfait du bon Dieu! quelle admirable chose! -Comme cela soutient! comme cela repose!
Va, va! sur ce terrain, partout je te suivrai.
Hors de l’art rien de bon , rien de sûr, rien de vrai !
Lui seul est grand, lui seul vaut la peine qu’on vive! ■
ïu vas trop loin. Comment veux-tu que je te suive?
l’.UL FORESTIER.
Rien qui vaille la peine?... Et la mignonne enfant Qui rouvre notre porte au travail triomphant.
Pour quoi la comptes-tu?
PAUL
C’est entendu, je l’aime;
Mais, comme un beau matin tu le disais toi-même. Cette aflêction calme en son parfait accord ,
Au lieu d’être un orage est devenue un port.
FORESTIEB.
A la bonne heure. Elle est charmante !
Elle est parfaite ,
La pauvre enfant.
Le ciel exprès pour toi l’a faite.
PAUL
Exprès pour nous.
Comment, pour nous?
PAUL
Oui, pour nous deux.
Conviens qu’en l’épousant j’ai comblé tous tes vœux.
Les tiens aussi, j’espère.
PAUL
Oh! les miens cette année.
Cher père, n’étaient pas tournés vers l’hyménée.
De mes moulins à vent encore tout moulu.
Mon cœur ne demandait qu’un repos absolu.
Je ne te pressais pas, rends-moi ce témoignage;