C PAUL FORESTIER
CAMILLE
Vous oubliez tendresse.
PAUL
Quand on songe qu’il est des cœurs dans leur espèce * Aussi parfaitement corrompus et véreux Que le tien est intact, candide et généreux...
Mon Dieu, mon Dieu! faut-il que les hommes soient bêtes!
CAMILLE
Gomment ?
PAUL
De se donner en pâture aux coquettes,
Quand il se trouve encor des anges comme toi.
CAMILLE
Pour qui dis-tu cela?
PAUL, iouriaot.
Pour des amis à moi.
CAMILLE
Le sire de Beaubourg serait-il pas du nombre ?
PAl’L.
Lui? pourquoi?
CAMILLE
Je ne sais... je lui trouve Pair sombre Depuis son retour.
Tiens ! je n’ai pas remarqué.
CAMILLE
Après cela, peut-être est-ce un air distingué Qu’il a contracté.
Non... quelque chose le ronge,
Ce garçon-là... c’est vrai, maintenant que j’y songe.
‘acte deuxième.
CAMILLE
On le voit rarement , il est distrait , contraint ;
11 semble s’e.vciter pour avoir de l’entrain...
l■Al•L.
Et , chose étrange à qui connaît le personnage ,
11 ne raconte rien de son pèlerinage...
Aurait- il rencontré son malheur en chemin?
J’en aurai le cœur net : j’irai chez lui demain.
SGÈ.NE V.
Les .Mêmes, .\D0LPIIE.
Quand on parle du loup...
ADOLPHE
On en voit la comète.
Permettez à vos pieds, madame, qu’on se mette.
Que disiez-vous de moi? Reprenons le discours.
CAMILLE
Que vous devenez rare ainsi que les beaux jours.
PAUL
Et triste en môme temps comme les jours de pluie.
ADOLPHE
Je l’étais; mais voilà que le ciel se ressuie.
Je vois à l’horizon renaître le soleil...
Et viens à ce propos te demander conseil.
CAMILLE
Suis-je de trop, messieurs?... 11 faut que je m’habille. Précisément.
PAUL
Oui, va, ma petite Camille.
ADOLPII E.
Me pardonnerez- vous, madame?
CAMILLE
C’est selon ;
Oui, si vous êtes court; non, si vous êtes long Mon mari me conduit au concert.
ADOLPII E.
Que je meure
Si je vous le retiens plus d’une demi-heure 1
Camille aort par la droite.