‹ Paul Forestier comedie en quatre actes, en versChapitre 35 sur 85 · A 110 I. PII K · texte numérisé non relu

A 110 I. PII K

Dans les commencements, mon cher, couci-couci.

A Berlin, par exemple, une dame... encor fraîche; Mais, tu sais... une femme enfin...

PAUL

Qui se dépêche.

A n O I. P II K.

Une Russe, à Munich, très-belle, une houri...

Mais bien moins lucrative à moi qu’à son mari.

Ainsi du reste. — Enfin...

PAUL

Enfin?

AIIOLPIIK.

Ils s’asseyent.

J’étais à Vienne :

Je rencontre au Praler une Parisienne Que j’avais quelque peu courtisée à Paris,

Et qui m’avait payé du plus touchant mépris.

D’un air assez penaud, en passant je m’incline; Mais elle... appelons-la pour l'heure Caroline,

Si tu veux.

PAU L

Je n’y vois nul inconvénient.

ADOI.PJIC.

Caroline rougit... rougit en souriant.

Et, me tendant sa main dans un flot de dentelle:

l'AUI, FOUESriliH.

« Bouderez-vous toujours vos amis? » me dit-elle. — je fus reçu chez elle h partir de ce Jour,

Mais sans même songer à lui faire ma cour,

Car, belle, froide et calme ainsi qu’une Minerve, Son attitude seule imposait la réserve.

Cela durait ainsi depuis un mois. — L'n soir Nous étions cinq ou six causant dans son boudoir ; Elle avait dans son air je ne sais quoi d’étrange.

De fauve, si ce mot peut se dire d’un ange;

La voix rauque et stridente, et les yeux éclatants. Pâle, avec des éclairs de rougeur par instants. Fiévreuse, sarcastique, emportée, éloquente.

Elle était à la fois hautaine et provoquante.

Elle me troublait fort, je ne puis le nier.

Tant pis! je m’arrangeai pour rester le dernier.

Je risquai des aveux qu’on reçut sans colère ;

Ce que voyant, ma foi! je devins téméraire... Crande indignation, et tout ce qui s’ensuit.

Mais je n’écoutais rien: lorsque sonna minuit... J’étais à ses genoux... « Silence! » me dit-elle;

Et puis, au dernier coup de l’heure solennelle. Murmurant quelques mots que je n’entendis pas, Voilî qu’elle se laisse aller entre mes bras !

Alors...

Passons! après?

ADOLPIIIv.

Après?... Cherche, imagine.

P A UL

Parle, c’est plus tôt fait; jamais je ne devine.

Anoi-pii i:.

J’étais tout stupéfait encor de mon bonheur.

Qu’elle me dit : « Sortez, vous me faites horreur! »

Diçjjtizod by Googlc

ACTI-: DKL'XIEME.

PAUL

C’est la réaction ordiiiaire et prévue.

Tu restas?

A n O L i’ Il K.

Hélas! non.

Ce fut une bévue.

Ali O LP U lî.

Oui, mais le procédé me sembla noble et graml.

Tu sentais le besoin d’un cigare, sois franc?

A nOLPII K.

,\h bien, oui! j’étais loin des gaités incongrues! J’errai toute la nuit, comme un fou, dans les rues. Par ce besoin qu’on a de fatiguer sou corps Lorsqu’on se sent le cieur plein par-dessus les bords. Je courais, je riais, je criais à la pluie.

Car il pleuvait : « Le feu de mon cœur te défie ! » J’étais lyrique. Bref, de fatigue engourdi,

Je rentre, je me couclie, et dors jusqu’il midi.

Bon, cela!

OLP ne.

Quel réveil, mon ami! Je me lève, lit, pour bien m’assurer que ce n’est pas un rêve...

Tu déjeunes.

PAUL

ADOLPHE

D’abord, avec le plus grand soin.

Je cours chez Caroline et l’aperçois de loin Accoudée au balcon, comme la Polymnie,

Portant dans .ses beaux yeux des traces d’insomnie.

l’AUL FORKSTIER.

A ma vue, elle rentre, et je double le pas...

Juge de ma surprise : on ne me reçoit pas!...

(I Madame est sortie! »

Ah!

A tlOLPME.

J’insiste, je m’indigne.

Je corromps le portier : c’était une consigne!

Oui, j’étais consigné, mon cher.

PAUI..

■ C’est vif.

Anol.PIIK.

J’écris...

Huit pages! Les rochers s’en fussent attendris!

Ma lettre me revient le lendemain... intacte!

Je fais de fiers serments...

Page 1