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Ce billet contenait seulement ces mots :
«Les circonstances, madame, me forcent à un parti extrême... J'adresse à tout hasard ce billet à votre demoiselle de compagnie... Un affreux et dernier coup accable le malheureux auquel vous avez déjà daigné tendre la main... il n'a pas désespéré de votre pitié... aujourd'hui même, avec ces paroles magiques : Faust et Manfred. vous pourrez sinon le rendre à la vie... du moins adoucir son agonie. »
Un moment madame de Hansfeld ne comprit pas la signification de cette lettre. Puis tout à coup s'adressant à Iris :
— Quel jour sommes-nous aujourd'hui ?
— Jeudi, marraine.
— Jeudi... non, ce n'est jtas cela... — se dit madame de Hansfeld, — j'avais cru... mais... — reprit-elle avec anxiété. — n'est-ce pas aujourd'hui la mi-carême?
— Oui, marraine... quelques masques ont passé dans la rue.
— Oh! je comprends... je comprends, — s'écria madame de Hansfeld, — et courant à son secrétaire elle écrivit ces mots à la hâte :
« Ce soir, à minuit et demi, à l'Opéra, au même endroit que la dernière fois, Faust et Manfred /...un ruban vert au camail du domino. »
Puis, cachetant et donnant cette lettre à Iris, elle lui dit
— Voici la réponse, remettez-la...
Iris sortit.
Le soir, à minuit et demi, au bal de l'Opéra, Léon de Morville et madame de Hansfeld, tous deux masqués comme ils l'étaient lors de leur première entrevue, se rencontrèrent au fond du corridor des secondes loges à gauche du spectateur, et entrèrent dans le salon de l'avant-scène où avait eu lieu leur premier et dernier entretien.