‹ Paule MéréChapitre 8 sur 35 · LETTRE VU · texte numérisé non relu

LETTRE VU

enève^ 10 septembre.

Oubliez ma dernière réponse, excusez mes amertumes. J'étais injuste, je ne vous avais pas compris. Vous me traitiez en enfant, mon sot orgueil s'est révolté; la vérité comme toujours parlait par votre bouche. De grâce, Félix, ayez tort une fois, une seule fois! Cela rétablira l'équilibre dans notre amitié désassortie où toute la raison est d'un côté, la folie de l'autre. Oui, je le confesse, mon premier tort fut de trop me presser; mon second tort fut de venir ici. Je devais attendre. Quand me laisserai-je gouverner par la sagesse?

Hier soir il s'est passé certaines choses. . . . N'allez pas croire que l'ombre d'un soupçon soit entrée en moi : je la respecte, je l'aime, je l'adore plus que jamais; mais que je hais le vulgaire et ses pensers pro^ fanes I... Qui m'expliquera cela? Un homme est sot.

grossier, méchant; vous le savez, et voua tremblez que sa sottise ne vous condamne ; vous le savez, et ses noirs sourires inquiètent votre conscience ; vous le savez, et un vain propos vous laisse un trouble, un insupportable malaise,...

Votre lettre est charmante. Merci. La lance d'Achille guérit les blessures qu'elle a faites.... Comme vous parlez bien d'elle! vous la jugez, diteS'Vous, par ses adieux. Elle vous parait unir à une flme ardente un esprit droit et sincère. Ce mot vous a plu : ■ Parmi les bois, dans un beau jour, tout est facile. La vie n'est pas aitm. >

Les cheminées de Genève sont affreuses ; nulle part on n'en voit de pareilles ; la grimace de ces longs tuyaux anguleux me désole. mes bois l qui me rendra mes bols?

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