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QUELQUES LETTRES XIX

Evidemment, Paulina 7ie ressemble pas à votre ouvrage De l'Homme à Dieu, qui est un traité didactique.

Mais il s^y trouve des enseignements nouveaux et précieux, des rectifications importantes d'erreurs populaires, des faits historiques concernant VEglise mis en relief et en pleine lumière, des récits et des arguments éloquents pour la défense de la vérité.

La part que vous faites à la fiction n'' atténue en aucune façon la parole révélée. Elle ajoute à Viniéiêt et à V agrément du récit. Et ce n^est pas de votre part une petite diffi-culié vaincue.

Certains chapitres de la seconde moitié surtout sont vraiment entiaînants. Tai trouvé là des vérités déjà connues, mais jamais sous un jour aussi lumineux.

Paulina est un bon et très bon livre. Il instruit, il élève, il met, avec plus de clarté dans Vesprit, beaucoup de fierté dans le cœur.

Et puis, Vune des belles leçons du livre n^est pas dans le livre lui-même : elle est dans V auteur, dans sa vieillesse laborieuse, dans Vexemple admirable de toute sa vie décrivain, de citoyen et de catholique.

Quelles bonnes années bien remplies que celles d^un magistrat, qui après avoir parcouru une longue carrière toute faite d honneur et de dignité, continue à F âge où tant d'autres ne songent qu'au repos, denrichir le trésor littéraiie de son pays, d instruire et d édifier ses compatriotes, et d apporter finalement sa part de glaire à VEglise sa mère et à Dieu.

Veuillez donc agréer, mon cher juge, mes sentiments d'admiration et mon cordial merci in Christo.

Louis Lalande S. J.

XX QUELQUES LETTEES

Lettre de VHon. M. Chapais.

Québec, 28 avril 1918.

Sir A. B. Routhier, Québec.

Cher Monsieur,

J'ai achevé la lecture de votre Paulina. Elle m'a vivement intéressé. Je ne vous sw prendrai pas en vous disant que la partie romanesque n'est pas celle qui m'a le plus attaché. Certes le portrait que vous avez tracé de la fille du proconsul de Chypre est plein de charme. C'est une pure et noble figure que celle de Paulina. Mais on sent bien, en vous lisant, que vous n'avez pas voulu faire du roman d'amour d' Agrippa avec la jeune patricienne convertie au Christ, comme son père et sa mère, l'épisode central de votre livre. Votre vrai héros, c'est saint Paul. Sa physionomie grandiose, son génie, son âme remplissent votre œuvre. C'est lui qui nous captive ; ce sont les péripéties merveilleuses de sa carrière apostolique, à travers l'Orient et l'Occident, ce sont ses pérégrinations étonnantes, ses travaux, ses luttes pour établir dans le monde romain le règne de Jésus-Christ, qui sollicitent et soutiennent notre intérêt.

Votre œuvre n'est pas purement une œuvre littéraire, c'est aussi une œuvre d'érudition. On y retrouve toute la substance des Actes des Apôtres et des Epîtres pauli-

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