XI. Pomponia Graecina Tpage
Pomponia Graecina était, selon Tacite, une princesse anglai.se que le général Plautius aurait épousée pendant son expédition en Angleterre, qu'on nommait alors la Bretagne. A son retour, Plautius aurait obtenu les honneurs du triomphe, et plus tard, sous Néron, Pomponia fut accusée d'appartenir à une superstition étrangère, que Tacite ne désigne pas autrement, mais qui était évidemment la religion chrétienne. Vu la haute position de Plautius, la cause lui fut référée conformément à une ancienne coutume de Ilome. Il assembla ses parents, et comme devant un conseil de famille, il fit une enquête sur la conduite de sa femme, et elle fut jugée innocente parce qu'on ne trouva aucun mal dans ses œuvres de piété et de charité chrétiennes.
Elle vécut jusqu'à un âge très avancé, loin du monde, ne fréquentant que les chrétiens, les assistant, et s'occupant surtout d'enterrer les corps des martyrs dans le cimetière de sa famille. Les chrétiens l'appelaient Lucine.
Xn. La mort de Pilatus (pmio M'^).
Il est historique que Pilatus fut banni à peri)étuité dans les Gaules, à Vienne. ^Lais quelle fut sa fin ? L'histoire n'en dit rien. Plusieurs croient qu'il s'est suicidé, en se noyant dans le Rhône. Mais rien n'est moins certain.
Ce qui est moins douteux, c'est que Pilatus fit une relation à Tibère sur la vie et la mort de Jésus de Nazareth, et
que l'empereur, sur ce rapport du Gouverneur de la Judée^ proposa au Sénat de placer Jésus au rang des dieux. Le Sénat rejeta la proposition.
Saint Justin, martyr, TertuUien, saint Epiphane, Eusèbe^ Orose, et d'autres, parlent de ce rapport de Pilatus comme d'un fait connu ; et TertuUien croit que Pilatus était chrétien dans sa conscience lorsqu'il fit ce rapport.
Il y a lieu de croire, de plus, que la femme de Pilatus, crut en Jésus-Christ, et pria beaucoup pour la conversion de son mari. S'il faut en croire Cornélius à Lapide, Claudia Procula, ou Procla, femme de Pilate, aurait été placée au nombre des Saints par l'Eglise orientale.
C'est à raison de tout cela que j'ai imaginé le genre de mort raconté dans " Paulina ".
Xm. Le Centurion du Calvaire (page 345).
Ceux qui ont lu mon roman des temps messianiques, le Centurion, se rappellent que je le nommais Caïus Oppius, d'après la tradition, et j'ai imaginé qu'il avait épousé Camilla, sœur de Claudia Procla, femme de Pilate.
Dans Paulina, j'ai eu l'idée d'y représenter le même personnage devenu le général Oppius, âgé de 60 ans, commandant une partie des troupes de Titus au siège de Jérusalem ; et j'ai imaginé de plus qu'il y était accompagné par ses deux fils, dont j'ignorais d'ailleurs l'existence.
Or, chose assez curieuse, j'ai découvert depuis, en feuilletant les Biographies Evangéliques de Mgr Gaume, que ces deux fils du Centurion ont existé ; que l'aîné portait le nom de son père, Caïus, et que le cadet se nommait Démétrius.
Saint Jean appelait Caïus son hien^aimé ; c'est à lui qu'il adresse sa troisième Epitre, et il y fait l'éloge de Démétrius.
Dans son récit, Mgr Gaume s'appuie sur la tradition espagnole, et il cite deux auteurs — Lucius Dexter et le savant Hélécas, archevêque de Sarragosse.