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DEVANT FESTUS ET LE ROI AGRIPPA II

A peine Festus, le nouveau gouverneur, était-il arrivé à Jérusalem que les Juifs renouvelèrent auprès de lui leurs accusations contre Paul, et le supplièrent de leur livrer ce grand criminel, captif depuis deux ans à Césarée.

Festus leur répondit : ‘ Dans quelques jours je serai à Césarée. C’est là que je jugerai la cause. Que les principaux d’entre vous y viennent avec moi pour soutenir leur accusation. ”

Quelques jours après, en effet, Festus donna audience aux accusateurs ; mais ils ne purent produire aucune preuve contre l’accusé. Voyant l’achar:ement de ses ennemis, Paul coupa court au procès, Après avoir affirmé énergiquement son innocence, il prononça cette parole décisive : “J'en appelle à César. ”

Ce recours suprême ne pouvait lui être refusé, et Festus mit fin à toute procédure ultérieure devant lui, en disant : ‘ Tu en as appelé à César ? tu iras à César. ”

Le gouverneur n’avait pas encore trouvé le navire qui devrait transporter son prisonnier en Italie, lorsque le roi Agrippa, et sa sœur Bérénice,

qui vivait avec lui, arrivèrent à Césarée. Paul n’était plus un inconnu, et son nom faisait déjà du bruit dans le monde. Les deux illustres visiteurs furent curieux de le connaître et de l’entendre. Festus leur raconta que la haine des Juifs contre Paul avait pris son origine dans des querelles religieuses au sujet d’un nommé J ésus, mort il y avait quelques années, et dont Paul affirmait la résurrection.

“Les Juifs, ajouta-t-il, considèrent cela comme un crime, et demandent sa mort. Après les avoir entendus, j'ai trouvé que cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je l'aurais probablement acquitté ; mais il en a appelé à César, et j'ai résolu de l’envoyer à Rome. Mais puisque vous désirez l’entendre, à roi, je le ferai comparaître devant vous dès demain. ” :

Le lendemain, en effet, Agrippa et Bérénice firent leur entrée solennelle dans la salle d’audience avec une pompe vraiment royale, escortés de licteurs et de gardes, qui se rangèrent derrière les fauteuils dorés qu’ils occupèrent. Le roi avait revêtu sa toge de pourpre, et la reine portait une robe de soie écarlate, brocardée d’or et ornée de pierreries éclatantes. Tous deux avaient au front le cercle d’or qui représentait la couronne.

Festus ouvrit la séance en faisant entrer Paul enchaîné, conduit par un soldat qui tenait le bout

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de ia chaîne. Puis il exposa en quelques mots l’accusation.

Agrippa et Bérénice regardaient le prisonnier, et se disaient : ‘* Comment se fait-il que ce petit homme qui n’a l’air de rien ait déjà soulevé tout l'Orient, en prêchant une religion invraisemblable fondée par ce juif Jésus qui fut traité comme un criminel par le Sanhédrin, et crucifié par le gouverneur romain Pilatus. ”

Le roi l’invita à prendre !a parole, et Paul étendant sa main chargée de fers, dit : ‘“ Je m’estime heureux, Ô roi Agrippa, de pouvoir aujourd’hui me justifier devant toi de toutes les choses dont les Juifs m'accusent, parce que tu es au fait de toutes leurs coutumes et des questions qui existent parmi eux. ””

Après ce début, Paul déclare que la vie qu’il a menée à Jérusalem depuis sa jeunesse est connue de tous les Juifs ; qu’il appartenait à la secte la plus exacte de la religion, celle des Pharisiens, et que son seul crime est de croire à la résurrection des morts. S'il prêche Jésus de Nazareth, c’est parce qu’il en a reçu la mission dans une vision céleste à Damas.

Mais le récit de l’apôtre paraissait incroyable, et Festus lui dit : ‘“ Tu déraisonnes, Paul, ton grand savoir te fait perdre l'esprit.

— Non, excellent Festus, je ne suis point hors de sens ; les paroles que je viens de dire sont paroles de vérité et de raison. ”

Il en appelle au roi qui connaît mieux que le gouverneur toute l’histoire des Juifs.

“ Le roi est instruit de ces choses, dit-il, et c'est pourquoi je lui en parle librement.” Et se tournant vers le roi: ‘“ Roi Agrippa, crois-tu aux prophéties ? Oui, je le sais, tu y crois. ”

Sans répondre à cette question, Agrippa dit en souriant : ‘“ Tu vas bientôt me persuader de me faire chrétien. ”

“ Plaise à Dieu, repartit Paul, que toi-même et tous ceux qui m’écoutent, vous deveniez tels que je suis, hormis ces liens. ” Et il montra ses chaînes en souriant aussi.

Le roi se leva. Et il dit à Festus après l’audience : “S'il n’en avait appelé à César, cet homme eût pu être relâché. ”

Dès le lendemain, Paul fut remis aux mains du centurion Julius, chargé de le conduire à Rome.

MIRABILES ELATIONES MARIS !

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