QUELQUES LETTRES XIX
Evidemment, Paulina ne ressemble pas à votre ouvrage De l'Homme à Dieu, qui est un traité didactique.
Mais il .s'y trouve des enseignements nouveaux et précieux, des rectifications importantes d^erreurs populaires, des faits historiques concernant VEglise mis en relief et en pleine lumière, des récits et des arguments éloquents pour la défense de la vérité.
La part que vous faites à la fiction n'atténue en aucune façon la parole révélée. Elle ajoute à Vintéiêt et à V agrément du récit. Et ce n'est pas de votre part une petite difficidté vaincue.
Certains chapitres de la seconde moitié surtout sont vraiment entraînants. J'ai trouvé là des vérités déjà connues, mais jamais sous un jour aussi lumineux.
Paulina est un bon et très bon livre. Il instruit, il élève, il met, avec plus de clarté dans l'esprit, beaucoup de fierté dans le cœur.
Et puis, l'une des belles leçons du livre n'est pas dans le livre lui-même : elle est dans l'auteur, dans sa vieillesse laborieuse, dans l'exemple admirable de toute sa vie d'écrivain, de citoyen et de catholique.
Quelles bonnes années bien remplies que celles d'un magistrat, qui après avoir parcouru une longue carrière toute faite d'honneur et de dignité, continue à l'âge où tant d'autres ne songent qu'au repos, d'enrichir le trésor littéraiie de son pays, d'instruire et d'édifier ses compatriotes, et d'apporter finalement sa part de gloire à l'Eglise sa mère et à Dieu.
Veuillez donc agréer, mon cher juge, mes sentiments d'admiration et mon cordial merci in Christo.
Louis Lalande S. J.