‹ Pauline, ou le Châtiment d'une mère, drame en trois actesChapitre 48 sur 78 · ACTE II, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XI

DE VARENNES , à part.

Elle est ici, peut-être...

le ciin:.

Exruscz-moi, Monsieur, si j’ose vous demander que) motirvous amène dans cet hôtel?..

DE VARENNES

Je n’y suis venu que pour quelques instans... L'n ami... qui m'attendait...

LE et’ RÉ , à part.

Debray ne rentrera pas encore... (Haut.) Vous comprenez, n’est-ce pas , que ce n’est point une vaine curiosité qui m’a fait vous interroger ainsi ?..

DE VAnENNES.

Oui, Monsieur...

LE CURÉ

Je songe à ceux qui souffrent par vous, et que vous ne devez ni chercher ni trouver désormais...

DE VARENNES

Je souffre aussi, moi !..

LE CURÉ

Je vous plains... Toute passion violente et coupable porte en elle-même le trouble, qui est un châtiment... Mais, Monsieur, vous êtes jeune, le monde vous est ouvert , et vous pouvez vous distraire du passé en regardant l’avenir... J’en sais d’autres, moi, dont tout le bonheur était dans cette union que les lois resserrent et que l’Église sanctifie... Quoi qu'il advienne, mon Dieu ! le bonheur est désormais perdu pour eux, et la douleur retombera jusque sut leur enfant !.. Ah! Monsieur, c’est vous surtout qui devez les plaindre... et les fuir, car c'est par vous que leur vie s’est désenchantée !.. Je ne vous accuse pas , je ne vous blâme pas, je n'en ai point le droit; mais je vous parle ainsi, parce que j’ai vu couler des larmes et compté de cruelles blessures au cœur de mes amis.

DE VARENNES

J’apprécie votre langage. Monsieur, et je vous écoute avec respect... mais mon existence est allée se heurter contre une passion dont je ne suis plus maître.

LE CURÉ

Ce n'est pas ainsi qu’on doit parler quand on a du courage et une faute à réparer... oui , une faute , puisque vous ne vous êtes pas arrêté autrefois au seuil de cette maison où le malheur est entré avec vous!.. Eh quoi! voudriez-vous encore la poursuivre de vos supplications, celte malheureuse femme qui expie dans les larmes cette passion dont elle fut complice?.. Voudriezvous affronter les regards de celui qui peut vous demander un compte si sévère devant les hommes et devant Dieu?.. Non, vous m'écouterez, car je vous parle comme vous eût parlé le père de cette infortunée !.. Ah ! Monsieur, n’entravez pas la bonté de Dieu, qui, peut-être un jour, réconciliera ces deux époux qui gémissent d’être séparés !.. Si quelqu’un se jette entre eux , que ce soit leur enfant, ange d'innocence qui les fera tomber dans les bras i’un de l'autre ! Allons , allons !.. ne les cherchez plus, fuycz-les, fuyez-les !.. Monsieur, les passions mauvaises satisfaites portent en elles le désespoir et le remords ; les passions mauvaises vaincues donnent à l’âme la force et la sérénité!..

DF. VARENNES

Oui, Monsieur, vous dites vrai, je vous crois et vous m’avez ému... mais celte lutte où vous voulez que je m’engage, cette lutte, pourrai-je la soutenir... quand mon cœur est rempli... Tenez, je vous l’avoue, je l’ai cherchée partout... sans pouvoir la rejoindre... je voulais la retrouver, et puis mourir, s’il l’avait fallu.

LE CIRÉ

Mourir!.. Et votre mère!.. Songez à elle, vous serez plus fort pour le combat.. Un jour, peut-être, vous passerez par mon presbytère; vous me raconterez ce que vous aurez fait, ce que vous aurez souffert... Vous me direz : Maintenant je suis calme, merci à vous, qui m'avez rendu la paix du cœur !.. Et nos mains se serreront comme en ce moment où nous allons nous séparer, où nous allons sortir de cette maison pour prendre chacun notre chemin, vous vers le monde , moi , vers l'église , où je prierai pour vous!..

DE VARENNES

Qu'il soit donc fait comme vous le voulez.

Monsieur!..

le ci RÉ.

Oh! c'est bien! c’est bien!., (a part.) Et, maintenant , je vais veiller à ce que Debray ne vienne pas !.. (Haut) Adieu ! adieu !.. Vous partez ?..

DE VAREXNES.

Oui, Monsieur, oui.

LE ciré , sortant.

Dieu soit loué!..

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