DF.BRAY
Cette femme dont on vous parle , elle est là ! vous 11e vous êtes pas trompé en suivant ses traces.
DE VARENNES
Monsieur, si j’ai suivi cette femme, c’est que je la savais abandonnée de tous.
DEBRAY
Vous avez une singulière puissance sur notre destinée. Vous avez séparé l’épouse et la mère de l'enfant et de l’époux !.. Vous m’avez forcé de m'exiler du monde, emportant dans ma retraite des ressenti mens que j étouffais dans mon âme, de peur qu’en éclatant, ils ne vinssent à ternir un nom que je voulais faire respecter par malille!.. El rien n’a lassé votre persévérance, et vous voilà encore !.. Mais vous ne savez donc pas ce que j’ai dévoré de colère!.. Je remerciais Dieu de vous dérober à mes regards; je vous aurais tué si le hasard vous avait conduit en présence de mon enfant, que vous avez privée de sa mère !..
DARBELLE.
Debray !..
DEBRAY
Allons, Monsieur, il faut quitter cette place... nous nous sommes rencontrés encore une fois, mais ce doit être la dernière ! Il faut un terme a celte existence que vous nous avez faite à tous, existence de solitude et d'abandon , de déshonorantes poursuites et de remords que vous devriez respecter ! ..
DARBELLE.
Lui ! se battre !
DE VARENNES
(Jn dnel!..
DEBRAY
Oui , un duel !.. Je vous ai dit qu'elle était là , dans cette ferme !.. Lorsqu’elle en sortira j
îl PAl
il faut que sou chemin soit libre ii travers le ' momie , qu’elle lie vous rencontre plus sur son passage ; ou bien il faut que je succombe |>our échapper à cette odieuse situation... Allons , Monsieur, venez, car si celte porte s'ouvrait , je vous jure que nous n'irions pas plus loin !..
UE VARENNIS.
Monsieur, Dieu m’est témoin qu'aucune pensée de crainte ne me domine; mais, songez-y , vous surtout , vous avez souffert ; ne m’entraînez pas à ce duel !..
DEBRAY
Allons , Monsieur , point de fausse générosité. Songeai vous-mémc..
DK VARENNKS.
Kh bien ! Monsieur , je suis à vos ordres.
DKBAAY.
Tiens, Darbellc, prends rcs armes... (Au moment où 11 prend 1 a boite, il aperçoit son enfant dans l’avenue. ) Ma tille!.. Je vous rejoins... derrière le mur du parc. Partez à l’avance , pour lie pas éveiller les soupçons.
DABIIKI.I.E.
C’est bien , nous allons t'attendre.
DEBRAY, a de Varennes.
Dans quelque» minutes, je suis à vous... Allons embrasser tna fille !..
DAIIREU.E, i part.
Ah! avant mon cousin l'officier, c’était lui!..
DE Y A REVIVES,
Eh bien! Monsieur?
DABBELI.E.
Venez, Monsieur, venez! (Us sortent.)