‹ Paysages et paysansChapitre 11 sur 121 · LES GRANDS LINGES · texte numérisé non relu

LES GRANDS LINGES

Le magique soleil sur les hauteurs pensives Fait luire et triompher tous ces grands linges blancs Qui, chevauchant leur corde au sortir des lessives, Y sèchent, tour à tour inertes et tremblants.

Ils apparaissent purs, ardents, frais et joyeux, Au loin, flottant rappel des gloires printanières, Bleutés, rosés, baignés d'azur et de lumière, Fêtant le paysage, ébouissant les yeux.

Mais le soir, c'est l'horreur suprême! car, alors

On dirait invisible un long troupeau de morts, f

Spectres rampants enfouis dans leurs grands draps funèbre»^

Pendant que tout noircit, — là ! restant blancs eux seuls,

Ces linges ne sont plus qu'un rideau de linceuls ^

Barrant l'horizon vague où montent les ténèbres.

PAYSACES ET PAYSANS

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