‹ Paysages et paysansChapitre 80 sur 121 · L'ORMEAU · texte numérisé non relu

L'ORMEAU

D'un branchii semblant un grand fagot qui s'évase, 11 végète sa mort — à jamais défcuillé; Pourtant, sous tous les ciels, dans l'air sec et mouillé, Son très étrange aspect vous met l'œil en extase!

C'est que, depuis Ténormc et ronde fourmilière Grouillant au pied pourri de co petit ormeau. Tout son tronc est moussu comme un toit de hameau, Soutaché de lichen, et festonné de lierre.

Donc, il cumule ainsi la double vétusté

De l'horreur et de la beauté.

Que de neige ou de fleurs la terre soit couverte...

Lui seul ne change pas! — Seul, toujours il fait voir Sa vieille tète en fouillis noir Et son vioux corps en robe verte.

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LA RESSUSGITEUSE

Je dis à la bergère : a Où donc est ta bessonne!

Oh! mais, comme tu lui ressembles! »

La fille soupira : « Ma sœur est mort' ! personne

N'nous verra plus jamais ensemble.

C'est vrai que j 'suis son doub', son r'venant q'I'on dirait.

Celui-là qui me r'gard' la voit.

De visag', de parler, d'taill', j'suis tout son portrait :

J'suis elle, comme elle était moi.

Je m'ia ressuscit' ben souvent.

J'prends tout c'quell' portait d'son vivant,

A sa façon, j'm'en habill' telle,

Et puis, d'vant un' glac', pour tout d'bon, J'y cause... et, lorsque j'y réponds, Je me fleure que c'i^st'elle! »

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