‹ Paysages et paysans; poésiesChapitre 100 sur 123 · LE FOSSOYEUR · texte numérisé non relu

LE FOSSOYEUR

Le fossoyeur-bedeau Se fait toujours attendre...

Les porteurs vont reprendre Leur funèbre fardeau.

En soufflant ses grands cierges L'officiant se dit :

a Mon sacristain maudit Court encor les auberges ! »

Enfin, on s'achemine Au cimetière, et là Riant tout fort, voilà Chacun changeant sa mine.

Car, une voix sereine, Avec l'accent gouailleur, Celle du fossoyeur, Monte et dit, souterraine :

« C'tenuit, un coup d'boisson M'a fait perd' la raison ; Comm' j'étais dans la place J'ai réchauffé la glace.

Vos libéra, quoiq' saoul, J'ies entends ben d'mon trou :

Que l'bon Dieu les exauce !

Pauv' mort! t'attends ta fosse? à

Tu l'auras! laisse avant 1

S'désenterrer l'vivant ! » j

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