‹ Paysages et paysans; poésiesChapitre 115 sur 123 · L'INDIGNE · texte numérisé non relu

L'INDIGNE

Sur la place, entouré des gros bonnets du bourg, Ecoutant l'œil figé, bras pendants, bouche ouverte. Un gars qu'un bégaiement, par instants, déconcerte. Lit tout haut le journal du jour.

Il s'agit d'un ménage ayant tué son fieu. D'affreux parents maudits de la nature, Lents assassins, brûleurs à petit feu, Ayant sur leur enfant détaillé la torture.

La lecture finie, il passe en l'assistance

Comme un sourd grincement de haine... et, résumant

L'indigné coléreux du commun sentiment,

Le grand charron noueux dit d'un ton de sentence :

(( J'suis pas méchant ! pourtant, j'sais pas d'quoi j's'rais capable Cont' ces gens-là ! je m'charge d'eux ! Qu'on m'ies amèn' là tous les deux !

J'ies us'rai sur ma meule en c'mençant par les pieds!

Et leurs crim' ne s'ront pas expiés, Tant Tbourreau d'un enfant reste à jamais coupable ! »

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