‹ Paysages et paysans; poésiesChapitre 120 sur 123 · L'ETERNITE · texte numérisé non relu

L'ETERNITE

On guette dans la multitude La fuite de tous ses instants.

Au contraire, on fige le temps En pratiquant la solitude.

A constamment voir le tableau , Du monotone Impérissable, On vit l'herbe, le grain de sable, Le rocher, le nuage et Teau.

L'âge vient à si petits pas Qu'il semble qu'on n'assiste pas A ses lentes métamorphoses :

Et l'on a pleinement goûté

La saveur de l'Eternité

Lorsque l'on rentre dans les choses.

L'INSïlNCT

Heureux l'homme qui se guérit De la vénéneuse lecture, Du projet, du songe, et nourrit Sa pensée avec la nature !

Il sent flotter à l'aventure Sur les friches de son esprit L'âme des choses, il sourit A tout, même à la sépulture !

Oh ! s'échapper enfin des mots, Rêver comme les animaux, Ravoir la vision première!

Seulement d'instinct, savourer

La création ! S'enivrer

De l'espace et de la lumière !

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