LE PERE PIERRE
Fantastiques d'aspect sous leur noire capote, Mais, très humaines par leurs caquets superflus, Les commères, barrant la route aux verts talus, A la messe s'en vont d'un gros pas qui sabote.
« Tiens! v'ià l'pèr' Pierr'! fait Tune, un malin, celui-là! Pour accrocher l'poisson quand personn' peut en prendre ; rdit q'quand il a faim, dïumer q'ça l'fait attendre, Et qu'un' bonn' pip' souvent vaut mieux qu'un mauvais plat. »
L'homme les joint bientôt. En chœur elles s'écrient :
a II faut croire, à vous voir marcher
En tournant l'dos à not' clocher, Q'v'allez pas à la messe! » et puis, dame! elles rient..,
« Moi? si fait! leur répond simplement le vieux Pierre, Mais, tout par la nature! étant ma seul' devise,
J'vas à la mess' de la rivière
Du bon soleil et d'ia fraîcheur,
Avec le ravin pour église,
Et pour curé Tmartin-pècheur. »