CHAPITRE V
Salaire des ouvriers de métier (1600-1800) 105
Les salaires des ouvriers évoluent, aux deux derniers siècles, comme au moyen âge, sans être influencés par les règlements corporatifs ou législatifs. — Antagonisme ancien des ouvriers et des patrons. — Grèves au xv^ siècle. — Gomment l'érection des maîtrises nouvelles se peut faire sans difficulté. — Barrières naturelles opposées au monopole, du côté du public et du côté des ouvriers. — Il y avait autrefois plus de petits patrons que de nos jours. — Exemples à Paris, à Sens, à Périgueux. — Les corporations n'ont pas pu restreindre le nombre des maîtres.
— Les lettres de maîtrise ne donnent pas la clientèle. — Action des mœurs sur le recrutement de certaines professions : cordiers, apothicaires 106
De l'apprentissage ; charge qu'il impose. — Durée des contrats.
— La loi de l'offre et de la demande a-t-elle été dominée en cette matière par les règlements? — Les longs apprentissages sont généralement gratuits. — Prix de ceux que l'on paie en espèces, comparés aux prix de nos jours. — Les lois restrictives de la liberté se multiplient sans succès de 1600 à 1800. — Formalités de cooptation des « maîtres ». — Le rapport est le même aux derniers siècles qu'aujourd'hui, entre la paie des journaliers et celle des ouvriers de métier 115
Tarif de la journée du maçon, du charpentier. — Le salaire d'un aide est souvent compris dans celui du compagnon, quoiqu'il ne soit pas mentionné. — Journée des couvreurs, peintres, paveurs. — Taux minimes des salaires annuels ou mensuels, par rapport aux salaires à la journée, dans toutes les professions. — Salaires des boulangers, brasseurs, tapissiers, cordonniers, drapiers; salaire des tisserands, avec un minimum obligatoire de fabrication. — Journée des maréchaux, mineurs, forgerons, fondeurs; des charrons et tonneliers.. 120
Entre les salaires masculins et féminins, la distance est plus grande dans l'industrie que dans l'agriculture. — L'écart était semblable autrefois à ce qu'il est aujourd'hui. — Salaires des ouvrières du \nV au xvni' siècle : couturières, blanchisseuses, matelassières, fileuses, drapières, brodeuses. — Salaires des
jardiniers et des vignerons. — Distinction entre les jardiniers ordinaires et de luxe. — Culture de la vigne à façon 124
Façons ouvrières depuis 1200 jusqu'à 1800. — Leurs variations servent de contrôle au tarif des journées. — Difficulté de ce genre de recherches; elles doivent porter sur des travaux uniformes. — Prix payés pour la façon des vêtements : cotes, pourpoints, robes, chausses, culottes, etc. — Façon et ressemelage des souliers. — Filage du chanvre, du lin, et de l'étoupe.. . 127
Tissage de la toile. — Façon des chemises. — En toutes choses, du moyen âge aux temps modernes, la main-d'œuvre baisse, la matière première augmente. — Révolution inverse qui s'accomplit depuis cent ans. — Filage de la laine. — Tissage et tonture du drap. — Façon de la chandelle, de la bougie, de l'huile à brûler, des fagots, des tuiles; prix de la maçonnerie à la tâche.
Comparaison du salaire de l'ouvrier en 1790 et en 1899.. . 130