CHAPITRE XI
Habillement, loyer, éclairage et cliaiifTage anx temps modernes (i 600-1 800) 287
Aisance nouvelle de la bourgeoisie dont témoigne le costume au xvu» siècle. — Dénuement de la classe rurale. — « Menu » peuple et peuple « gras ». — Etat misérable des laboureurs à la fin de l'ancien régime. —La Révolution ne fait pas augmenter les salaires réels. — L'équilibre entre la population et les subsistances, rompu de nos jours en faveur des ouvriers. — Le commerce des draps au moyen âge. — Importations de laine — La laine anglaise des moutons français. — La fabrication patriarcale des étoffes jusqu'au xvi" siècle. — Evolution de l'industrie du drap sous Louis XIV. — Disparition des petites manufactures locales; réputations évanouies. — Prix des draps fins de « Monsieur », du Seau, de Hollande; sortes de Sedan et d'Elbcuf. — Manteaux de bourgeois: ornements d'église pauvre, habits de laquais, casaques de sergents de ville, robes d'avocat, froc de capucin, robes de chambre d'hospice. — Futainc pour matelas; cadis pour rideau de lit; rasetle des cottes de servante; vêtement de lépreux. — Infériorité des draps populaires d'autrefois par rapport à ceux d'aujourd'hui 288
Prix comparés de la laine brute. — Coût de l'habillement d'un seigneur fastueux, d'un serrurier, d'un garçon de chambre, d'un pauvre, d'un professeur, d'un enfant trouvé, d'un soldat, d'un
religieux, d'un bourreau. — Prix du galon d'argent. — Prix des vêtements de travail. — Toilettes des femmes : grande dame, bourgeoise, chambrière. — Le prix des étolTes de 1600 à 1800 ne varie pas par rapport aux salaires. — La bure du paysan. — Inventaires; les trousseaux des villageoises. — Le linge; son usage bourgeois. — Les serviettes de table et les draps dans la maison de Richelieu. — La France exporte du lin. — La dynastie des « Grain », fabricants de toile. — Les toiles de Bretagne. — « Hauts et bas brins. » — Les cotonnades de l'Inde, prohibées sous Louis XV, à l'exception de celles de la compagnie officielle.
— Prix du coton depuis le moyen âge. — Le chanvre et son emploi moderne. — Comparaison des quantités de matières textiles dont la France dispose aujourd'hui : lin et chanvre étranger, coton et jute; avec celles qu'elle pouvait posséder il y a cent cinquante ans. — Prix du lin et du chanvre de 1600 à 1800 29 1
Prix des toiles au mètre; des chemises pour les deux sexes suivant les conditions sociales : chemises à 1 fr. 60 et à 120 francs.
— Les bas à maille : de soie, de laine, fil ou coton ; les bas d'cloITc; leur abandon. — Les « bonnetiers »,qui coilTaient la tête, habillent désormais les extrémités inférieures. — Chapeaux et bonnets; leurs différentes sortes et valeurs. — Le bonnet jacobin, symbole d'égalité en 1793. — Chaussures; ies vieilles savates anglaises en 1591. — Bon marché du cuir et des souliers. — Comparaison de leurs prix anciens et actuels. — Bottes, bottines, mules et pantoufles de satin. — Sabots et galoches 298
Le bois de chauITage; son prix. — Législation nouvelle des taillis et futaies au xvii" siècle. — Exploitation ancienne des forêts par les verreries, poteries, hauts fourneaux. — Déplacement de ces industries. — Le voiturage du bois; son rôle dans le prix de revient des mille kilos de bûches. — Prix des arbres.
— Prix de la tonne de bois dans les diverses provinces; son extrême diversité en des localités peu éloignées 306
La houille; ses débuts en France; son extraction rudimenlaire aux derniers siècles. — « Les pierres noires propres à faire du feu. » — Mines d'Auvergne, Forez et Limousin. — Prix du charbon de terre à la fin de la monarchie comparés à ceux du bois.
— Prix du charbon de bois. — Sa comparaison à Paris sous Louis XIII et aujourd'hui. — Chaufl'age de grands seigneurs et de bourgeois. — Prix des fagots. — Prix élevé de l'éclairage, huile, cire, bougies. — Taux des loyers; ils ont augmenté plus que les autres dépenses.. 311
390 tABLE DES MATIÈRES
Trois périodes dans l'histoire des rapports du travail avec les pouvoirs publics. — En apparence réglementation gigantesque; intervention minutieuse de l'État, des communes, des confréries. — Intérêt purement financier de la couronne. — Observation légale des dimanches et fêtes chômées. — Tempéraments apportés dans la pratique. — Conséquences de ces loisirs forcés.
— La porte des corporations ouverte par les « lettres de maîtrise » royales. — L'émission de ces lettres dépasse constamment les besoins. — Liberté issue du despotisme. — Les « maîtrises • devenues un simple impôt analogue aux patentes actuelles. — Règles commandées par la nature des choses autant que par les prescriptions policières : l'apprentissage 324
L'accès du patronat facilité encore, à Paris, par l'institution des « marchands privilégiés suivant la cour». — Barbiers-chirurgiens d'une princesse de dix ans. — La galerie du Louvre et ses boutiques offrent un abri aux artisans étrangers. — Le monde des « exceptions » surpasse en étendue le monde des « règles ». — Ancienne forme des brevets d'invention. — La concurrence des foires; leur importance du moyen dge diminue aux temps modernes. — Les ■< merciers-grossiers «•. — Concentration du commerce. — La grande industrie suscitée, non par la liberté, mais par le machinisme. — Les anciennes manufactures de textiles. — Rapports directs entre ouvriers et consommateurs 334
Les puissances sociales d'autrefois : la force et l'argent sont nobles. — Le travail, « œuvre servile », est l'objet d'un mépris traditionnel. — Le gouvernement soucieux de la prospérité de l' « État », non de celle des individus. — Progrès de la richesse nationale, indépendante du bien-être des travailleurs. — La loi, mise au service des consommateurs plutôt que des producteurs, et toujours plus favorable aux employeurs qu'aux employés. — L'autorité ne s'occupe des salaires que pour les réduire... 3i2
Mauvais régime financier; impôts pesant principalement ?'ir les pauvres. — Dureté du recouvrement ; le « sujet » plus malheureux que le " vassal ». — Évolution des temps modernes.
— Transformation des formes industrielles. — On s'avise enfin que le peuple existe 352
Le développement de la population dans l'ancienne France a toujours eu pour résultat de diminuer les salaires. — Le phénomène inverse s'est produit aux époques où la population a décru. — Le prolétaire ne profite pas, comme consommateur, de l'avilissement des façons dont il souffre comme producteur. — Il faut considérer le salaire réel et non le salaire nominal. — Mouvement de la population de saint Louis à Jean le Bon (1226- 13o0). — Causes de la fixité des prix du travail durant cette période. — Exagérations qui ont eu cours sur le chiffre des habitants au milieu du xvi^ siècle. — Dépopulation de la fin du xiV siècle et du xv" siècle jusqu'à 1450. — Les salaires augmentent. — Ils atteignent leur maximum avec la reprise du défrichement (1451-1475) 361
Rapports mutuels de ces trois forces : terre, travail et population.— Les salaires très élevés en Angleterre et en Allemagne, comme en France, dans la seconde moitié du xv° siècle. — Baisse des prix du travail au xvi' siècle, en raison directe du peuplement. — La population continue d'augmenter au xvii' siècle et le travail de perdre sa valeur. — Les salaires se relèvent avec la disette des bras à la fin du règne de Louis XIV et dans la première moitié du xvni* siècle. — Ils se réduisent à nouveau à partir de 1750 jusqu'à 1790, à mesure que la densité de la population s'accroît. — Évolution du xix* siècle. — Hausse simultanée de la population et des salaires. — Ses causes. — Entrée en scène d'une force nouvelle : la science. — Du seul moyen possible de faire enchérir encore le prix du travail. 36'ï