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L’ADJECTIF

M.—Alfred, Pourriez-vous soulever le poêle, mon pupitre ? E.—Non monsieur.

M.—Pourquoi ?

E.—Parce que le poêle, le pupitre sont trop lourds.

F (1) Voir Notes pédagogiques, N° 1, page 129.

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M.--Lorsque voits regardez le soleil, la lune, les roues d’une voiture, le cerceau avec lequel vous jouez tous les jours, que pensez-vous de tous ces objets ? 4

E.—Je pense qu’ils sont ronds.

M.—En regardant la neige, du lait, votre papier, à quoi pensez-vous ?

E.—Je pense que tous ces objets sont blancs.

M.—Bien mes enfants, les mots qui marquent la manière d'être des animaux ou des choses sont des adjectifs qualificatifs.

Ainsi les mots lourd, rond, blanc, que vous venez de trouver sont des adjectifs qualificatifs.

Un autre exemple: On est arrivé, je suppose, au féminin des adjectifs. Le maître énonce ou dicte selon l’âge des élèves, la phrase suivante: Louis est fort; puis il demande de substituer Louise à Louis et de terminer la phrase; pas un enfant qui ne prononce ou n’écrive l’adjectif au féminin, avec un e. Que le maître donne ou fasse trouver encore quelques exemples semblables, qu’il appelle l’attention sur le changement qu’a subi l'adjectif; de là à faire déduire la règle générale, il n’y a qu’un pas, et les élèves le franchiront aisément.

On le voit, tout en employant la méthode socratique, nous nous sommes servis de celle qui s'appelle analytique. Nous avons fait trouver, par les élèves, un certain nombre d’exemples, qui tous présentaient un fait identique: la modification de l’adjectif au féminin par l'addition d’un e muet, et, de ces faits particuliers, ils sont remontés à la règle générale. Par la méthode synthétique, c’est-à-dire, en descendant de la règle aux exemples, nous montrerons la raison du fait identique et connu. Nous aurons alors constitué la science grammaticale sur ce fait.

Par le même procédé, c’est-à-dire, en partant de l’exemple pour arriver à la règle, l’étude de la

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langue n’a plus rien de mystérieux. Les élèves apprennent avec plaisir et retiennent facilement ce qu’on leur 2 fait comprendre.

On oublie trop souvent que la langue a précédé la grammaire et que celle-ci n’est qu’un moyen de familiariser les enfants avec les règles du langage. C’est pour cette raison qu’on doit enseigner. la grammaire en scrutant, examinant la langue dans ses différents détails Pour que l'enfant, comprenant et retenant les règles du langage, sache parler et écrire correctement. Ce but particulier est subordonné à la fin générale de tout enseignement qui est de préparer l'enfant à la vie pratique.

Le rôle de l’enseignement grammatical étant défini, la méthode à suivre s'impose, c’est celle qui fait intervenir tour à tour le maître et les élèves. Le premier, partant toujours de ce que ceux-ci connaissent, procédant du connu à l’inconnu, du facile au difficile, fait découvrir aux élèves par l’enchaînement des questions orales ou des devoirs écrits, les conséquences d’un principe, les applications d’une règle, ou inversement, les principes et les règles qu'ils ont déjà inconsciemment appliqués. L'enfant acquiert ainsi graduellement la science grammaticale; la grammaire ne précède pas; elle n’est pas le point de départ ; elle suit au contraire et vient éclairer la pratique. En se conformant à ce procédé naturel, on ne prend plus comme autrefois la forme pour le fond, les règles de la grammaire pour la langue elle-même,

C’est à tort que, pendant longtemps, on a

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réservé à la troisième année du cours élémentaire l'étude des premières notions de langue française. De nos jours, l’enseignement grammatical a subi une transformation complète, aussi tous les auteurs compétents de méthode de lecture nous les présentent sous ce titre: ‘‘Enseignement de la lecture, de l'écriture et de l’orthographe.”

Tout en reléguant la grammaire au second rang dans l’enseignement de la langue, il faut aussi se mettre en garde contre une réaction à laquelle un grand nombre de personnes semblent se laisser aller trop facilement. Depuis quelques années, on combat à outrance la science livresque; certes, ce n’est pas sans quelques excuses, car on a tant abusé du livre dans le passé! mais il serait faux de conclure que les manuels ne rendent aucun service à l’école. Sans doute, l’enseignement oral a d’incontestables avantages, mais la mobilité de l'enfant ne permet pas de s’en tenir à ce seul exercice. Il faut que l'élève abandonné à lui-même retrouve dans un livre, aussi clairement écrit que possible le résumé de la leçon orale, c’est-à-dire les règles qui ont été formulées à la suite des applications qu’on en a faites.

On mettra done une grammaire entre les mains des élèves, mais à quelle époque ?—Aussitôt qu’ils savent lire couramment et écrire ce qu'ils lisent, à la fin du cours préparaloire, c’est-àdire après une scolarité de deux ans.

II. Vocabulaire. — L'étude méthodique d’une langue comporte plusieurs genres d’exercices,

dont le plus important est l'étude du vocabulaire ou l'étude des mots. Les mots sont en effet les éléments indispensables du discours, puisque c’est par eux que les idées sont exprimées, rendues sensibles. Or étudier des mots, ce n’est pas simplement apprendre à les lire et à les écrire ; c’est aussi et surtout chercher à en connaître la signification précise et les acceptions diverses. De là l'utilité des définitions qui servent de base à tous les autres exercices de langue.

Dans quel ordre grouperons-nous les mots à étudier? La réponse à cette question est facile. Si nous admettons que les exercices de vocabulaire doivent surtout être une préparation à la compo-

sition française, et que la principale qualité du style est la liaison des idées, il est tout naturel que les mots soient groupés par association d'idées.

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