QUINTETTE
CABOCHE
Oui, le traître aura beau d|re.
Chacun doit respect aux lois !
NIAISOT.
Ah! de grâce, aimable sire!
Pardonnez pour cette fois !
DON ARMADO, à part, les yeux tournés vers Jacquinette. Elle tremble! elle soupire!
Et son cœur est aux abois !
JACQUINETTE.
Cher seigneur, faites-nous grâce !
Nous avons tous deux vingt ans!
On se cherche et l’on s’embrasse!
C’est la faute du printemps.
PAPILLON
Monseigneur, faites-leur grâce !
Elle est belle, il a vingt ans!
On se cherche et l’on s’embrasse C’est la faute du printemps !
NIAISOT, s’élançant vers Jacquinetto.
Jacquinette, ô ma chérie, Loin de toi je vais mourir
CABOCHE, le retenant.
Ce soir même, je parie, La prison va te guérir.
JACQUINETTE, h don Armado.
A genoux, je vous en prie,
Ah ! laissez-vous attendrir !
PAPILLON
Faites grâce, je vous prie ;
Je sens mon cœur s'attendrir !
DON ARMADO.
Qu’on l'emmène à l'instant, j’ai peur de m’attendrir I
JACQUINETTE, NIAISOT.
C’en est fait! on nous sépare Notre amour le rend jaloux !
Ah! cruel! homme barbare!
Allez vivre chez les loups !
CABOCHE
C’est assez ! qu’on se sépare !
Une fois sous les verroux Tu pourras sur la guitare Roucouler pour les hiboux!
(Caboche entraîne Niaisot,
DON ARMADO.
11 est temps qu’on les sépare!
Tenez-le sous les verroux !
(a part.)
Il le faut, soyons barbare!
Du coquin je suis jaloux !
PAPILLON
Pauvres cœurs, on vous sépare C’en est fait, hélns !... chez nous Un décret sot et barbare Met l’amour sous les verroux !
Armado relient Jacquinette.)