TRIO
LE PRINCE, le verre R la main.
Son heure est sonnée :
Son règne est fini !
Pour toute une année L’amour est banni!
BIRON, lo verre h la main.
L’amour que Ton chasse,
Se rit des verroux.
Et va dans la place Rentrer maigre nous!
ENSEMBLE
ARMADO.
La femme est frivole, Sans foi, sans parole, Mais Thomine en rafolc; Nous l’aimons ainsi!
On cède à scs larmes !
Et pris par ses charmes. On lui rend les armes, En criant merci!
LE PRINCE
Brisons notre idole !
L’amour qui s’envole Retourne à l’école;
Plus de vain souci !
Soupirs, vaines larmes, Risibles alarmes Ivresses sans charmes, Fuyez loin d'ici!
BIRON
Le traître s’envole ;
Mon cœur s’en console I
Mais chut !... à l’école Nous irons aussi !
Soupirs, douces larmes,
Ennuis plein de charmes,
Et tendres alarmes,
Revenez ici !
(ils se lèvent, les valets emportent la table.) I.E PRINCE.
Enfin, chers compagnons d’étude.
Vous avez tous deux consenti A partager ma solitude?
(Don Armado s’incline.)
BIRON, soupirant.
J’en prends bravement mon parti.
LE PRINCE
Pour un an vous voilà mes hôtes;
Et parmi nous, nobles amis,
Le dieu d’amour n’est plus admis.
BIRON
Cruel châtiment de nos fautes 1 /
LE PRINCE
Songez-y, vous l’avez promis :
Nous formons une sainte ligue;
Et tous trois, la main dans la main.
Nous opposerons une digue,
A ce fléau du genre humain.
BIRON
Je vous donne jusqu’à demain,
Pour lui faire ouvrir votre porte.
LE PRINCE
Nous saurons bien agir de sorte,
Qu’il n’approche point de ces murs.
BIRON
Et s’il découvre quelque brèche,
Par où nous décocher sa flèche,
Ses coups n’en seront que plus sûrs.
LE PRINCE
Je veux, j’ordonne qu’on proclame,
Dans tous le pays d’alentour,
Qu’à partir de ce présent jour,
Tout ce qui porte nom de femme, N’approchera de notre cour.
Dans un rayon de plus d’un mille.
DON ARMADO.
Nous l’inscrirons sur parchemin.