ACTE DEUXIÈME
BIRON, saluant.
Adieu!... Trêve de compliments!...
(il s’éloigne de Kosaline et se rencontre avec le Sénéchal.) LE SÉNÉCHAL.
Eh bien, seigneur?
BIRON
C’esl elle-même !
LE SÉNÉCHAL, avec ironio.
Vous paraissez mécontent?
BIRON
Non pas!
Moi!
R0SAL1NE, à part.
Il ne rit plus, je croi.
BIRON, à part.
Du diable si je sais pourquoi !...
Mais je l’aurais juré!... je l’aime !...
(Le prince et la princesse reparaissent et redescendent sur lo devant de la scène.)
LE PRINCE
Madame, accordez-moi trois jours Pour méditer votre requête;
Non que je cherche dans ma tète,
Pour l’éluder, de vains détours...
Ce n’est pas ce qui m’intéresse;
Et je n’ose vous demander Ce court délai que [jour garder,
Quelque temps encor Votre Altesse !
Qu’il soit fait selon votre gré, Prince; mais vous avez juré D’éloigner de vous toute femme, Et nous serions dignes de blâme Si nous vous prenions des instants Qu’un travail assidu réclame!
LE PRINCE
Qu’entendez-vous par là, madame!...
Devons- nous renoncer...?
LA PRINCESSE
J’entends
Que l’heure passe et qu’il est temps De terminer celle, visite;
Que dans trois jours je vous attends, Et que jusque-là je prétends Que Votre Altesse nous évite.
PEINES D’AMOUR
LE PRINCE
Quoi! vous exigez?...
LA PRINCESSE
Franchement,
J’ai peu d’eslimc, seigneur prince.
Pour qui ne tient pas son serinent.
LE PRINCE
Je me soumets.
BinON, à part.
On nous évince.
LE SÉNÉCHAL, bas h Rosalino.
Le prince a tout l’air d’un amant.
ROSALINE, h demi-voix.
L’édit commence apparemment,
A lui paraître un peu maussade.
(En regardant Biron.)
On s’y résignait trop gaîment!
LE SÉNÉCHAL, h part.
Sur mon âme, notre ambassade Semble tourner au sentiment!