SCÈNE V
Les Mêmes, PAPILLON.
LE PRINCE
Ah! c’est toi?... Dis-moi, je te prie, Où se trouve don Armado?
PEINES D’AMOUR
PAPILLON
Il poursuit une rêverie,
Altesse, sous un vert rideau De myrtes en fleurs et de saules;
Le col penché sur les épaules,
Le front d’un nuage obscurci.
L’œil fixé dans l’azur, ainsi Qu’un poète en quête de rime; Semblant passer du grave au doux, Comme en fait foi sa pantomime.
Et butant sur tous les cailloux!
BIRON
N’en doutons pas, Phoebus l’anime 1 Il chante 1 — il a le feu sacré 1
LE PRINCE
Allons le trouver.
BIRON
Prenez garde 1 Avec un poêle inspiré.
On ne sait pas ce qu’on hasarde 1
LE PRINCE
Je prétends que notre vertu Ne se change pas en rudesse,
Et veux offrir à la princesse Un petit repas impromptu;
J’y sais Armado passé inaitre,
Et m’en remets à son talent Du soin de le rendre galant.
J’ai dessein d’v. faire paraître Celle troupe d'égyptiens,
Histrions et musiciens,
Qui nous viennent, dit-on, d’Espagne Et que tout à l’heure en chemin,
Nous avons vus dans la campagne.
BIRON, à part.
A merveille! j’ai sous la inain Ce qu’il me faut.
LE PRINCE, à part.
J’ai dans la tête Certain projet qui me sourit!
(prenant Papillon à part )
Papillon, as-tu de l’esprit?
PAPILLON
Hélas! seigneur, trop pour mon âge!