ROSALINE, PAPILLON
(Rosaline est assise à l'ombre; Papillon parait au fond, *— une lettre à la main. — Il s'approche de Roialinc, rael un genou on terro et lui présente ]a lettre.)
ROSALINE
Pour moi ?
PAPILLON
Pour vous, ma belle dame.
ROSALINE
Vous vous trompez, gentil lutin ;
La lettre est pour une autre femme.
PAPILLON
Croyez- vous ?
ROSALINE
Rien n’est plus certain; Et l’adresse, à ce qu’il me semble, N’était pas écrite en latin.
(Ello vent rendre la lettre.) PAPILLON.
En tous cas, l’autre vous ressemble.
Elle ou vous, il importe peu;
Et je vous autorise à lire.
Oui-dal... joli papillon bleu.
Vous permettez ?
PAPILLON
Nous allons rire.
ROSALINE
Rire de quelque tendre aveu,
Tracé là d’une main tremblante...
Fi donc! — L’enfance est sans pitié !
(Elle se lève.)
O pauvre missive galante I Papier rose si bien plié,
Et scellé d’un cordon de soie,
Je me charge de le porter A celle vers qui l’on t’envoie!...
(Congédiant Papillon.)
Sur ce, nous pouvons nous quitter; Retournez près de votre maître.
PAPILLON
Rester ici me plairait mieux,
Si vous teniez à me connaître.
BOSALINE.
Voyons, levez un peu les yeux,
Que je lise au fond de votre âme.
PAPILLON
Vous n’y verrez que mon espoir De servir une noble dame!...
ROSALINE
Grand merci de ce bon vouloir!
J’en vais parler à ma mailresse.
Jusque-là, songez seulement A porter plus adroitement Vos billets doux à leur adresse.
(Papillon s’incline et sort.)