SCÈNE II
LA PRINCESSE, ROSALINE
ROSALINE
Eh bien, madame?...
[LA PRINCESSE
Eh bien, ma belle?...
PEINES D’AMOUR
ROSALINE
D’où vous vient cet air soucieux? Quelle est cette langueur nouvelle Où semblent flotter vos beaux yeux?
Croirai-je?...
LA PRINCESSE
Hélas ! ma pauvre amie, Crois ce que lu voudras I
ROSALINE
Grand Dieul
Mais c’est donc une épidémie?
Nous brûlons tous du même feu!
C’en est fait de notre victoire!...
Puisque nos cœurs en sont l’enjeu, Perdons-les au moins avec gloire!
LA PRINCESSE
Il ne faut pas temporiser,
Ma chère, de peur du naufrage, fuyons à temps devant l’orage I
ROSALINE
Quoi! madame, sans épouser?
LA PRINCESSE, souriant.
Tu te hâtes de disposer D’un cœur facile à s'embraser,
Mais que jusqu’ici rien n’engage.
ROSALINE
Et les rondeaux, et les serments,
Et les soupirs, et les aubades,
Et les adroits déguisements De nos donneurs de sérénades ;
Et ce duel où nos amants Ont si bravement rendu l’âme!...
Enfin la fête de ce soir,
Où sans doute on les va revoir,
Tout cela n’est-il rien, madame?
LA PRINCESSE
Je n’y vois que d’aimables soins Que la galanterie inspire,
Mais qui de l’amour, à vrai dire,
Ne sont pas d’assurés témoins.