‹ Peintres d'aujord'huiChapitre 4 sur 63 · I. Réexposées en igiS à la galerie Manzi · texte numérisé non relu

I. Réexposées en igiS à la galerie Manzi

les faire vivre, une certaine puissance de coloris notamment dans les rouges qui sont à la fois onctueux et puissants, de la délicatesse dans le modelé des visages, de la grâce dans la silhouette de jeune fille bleu vert, sorte d'Ophélie gracile, enfin de l'émotion dans l'expression des physionomies*. Ce n'est pas encore de l'art décoratif malgré le éujet et malgré les dimensions relativement vastes de ces deux panneaux. Ce ne sont que des tableaux d'école, mais étonnants et exceptionnellement pleins de promesses. Les accords du sol vert, du ciel verdâtre, des vêtements sombres, des rouges mats et de certains bleus verts de la robe de la jeune fille ou des gris verdâtres de la ville fortifiée du panneau où se trouve le cheval dont le dessin est déjà éloquent-, sont d'un accent personnel.

Du séjour à Londres date le second essai de

1. On y retrouve les portraits de l'auteur et de quelquesuns de ses amis.

2. A toutes les époques de sa carrière, Besnard a peint des chevaux admirables. Dans ses peintures décoratives il a tiré, de ce motif de nature, des variations innombrables et presque toujourslyriques. Danssonhôtelde larue Guillaume- Tell, jadis, le box du cheval favori s'ouvrait par un « regard » sur Taielier de l'artiste.

ALBERT BESNARD

décoration qu'ait fait Albert Bcsnard. Elle doit être aujourd'hui encore dans une petite église du comté de Stafford. Elle se compose de deux peintures : L'Ascension et Jésus et la Samaritaine, dont Besnard nous a montré le carton original à l'exposition de 1 9 1 o au Pavillon de Marsan ^ L'exécution est d'un accent moderne. Le « Prix de Rome » voulait se libérer de l'emprise académique. Cependant cette Samaritaine paraît avoir été dénuée de la faculté de penser et le Christ très ascétique ne laisse pas d'être un peu ennuyeux.

De ce second essai nous retiendrons surtout l'indication qu'il nous donne sur le tempérament de l'artiste. Dès le début de sa carrière il se sentait entraîné vers la peinture décorative. Comme il n'était honoré d'aucune commande, il se commanda à lui-même — bien qu'il fût pauvre — des œuvres décoratives. Ainsi toujours se manifestent dès l'adolescence- les impulsions instinctives qui gouverneront toute la vie.

1. A cette exposition, se trouvaient aussi les esquisses de « Trois Musiciennes » faites en vue d'un plafond pendant le même séjour en Angleterre.

Page 1