‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 145 sur 151 · ET DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

ET DES BEAUX-ARTS

Monsieur le ministre,

La France a possédé, dans ces quarante dernières années, une des plus magnifiques légions d'artistes dont elle ait jamais pu s'enorgueillir. Cette légion a compté les plus grands peintres d'histoire, les plus poétiques paysagistes, les plus charmants peintres de genre, et à leur école sont venues sefo^ merles écoles du monde entier. Ils ont valu à notre pays sa gloire la moins contestée ; et nous leur devons ces triomphes

de 1855 et de 1867, qui feront date dans l'histoire de Tart universel.

Et cependant, monsieur le ministre, ceux qui aujourd'hui réfléchissent à la puissance qui animait cette rare époque, en sont parfois à se demander si l'administration française a su en tirer, pour le pays, tout l'honneur qu'il était possible d'en obtenir. Je suis porté, quant à moi, à regretter qu'on ait laissé se perdre une telle force de bataillons incomparables dans des entreprises morcelées et un peu éparpillées, et où ils pouvaient ne donner qu'à contre-cœur. Tantôt des artistes illustres ont été fatigués à de petites besognes, tantôt on n'a pas su leur fournir l'occasion de produire ce qu'ils avaient en eux. Or, la direction des Beaux- Arts a pour première raison d'être de faire produire des œuvres grandes ou exquises, selon la nature des talents qu'elle rencontre et selon les cadres qu'elle trouve à leur offrir.

Ces cadres, dans toutes les époques célèbres, ce sont quelques monuments sur les murailles desquels se résument et se concentrent les efforts de chaque école dans son expi'ession la plus haute, et qui, avec le temps, servent de types aux historiens de l'art. Sans parler des merveilles des églises et des palais de Florence, de Rome, de Venise et d'Anvers, nous pouvons citer en France, Fontainebleau au seizième siècle, le Louvre, l'Hôtel Lambert et Versailles au dix-septième siècle, l'Hôtel Soubîse au dix-huitième siècle ; mais au dix-neuvième siècle, nous devons confesser que si la ville de Paris peut se vanter de la décoration de ses églises, et de ce que fut son Hôtel de Ville, si la direction des bâtiments civils s'apprête à nous livrer un Opéra brillamment et savamment orné, la direction des Beaux-Arts proprement dite aurait peine à citer un monument dont elle puisse dire que la décoration soit son œuvre. J'aurais cette ambition, monsieur le ministre, pour votre administration des Beaux-Arts qu'il en pût être autrement. Je voudrais utiliser au décor d'un monument digne de ce nom, d'un monument vraiment national, le groupe qui nous reste de cette superbe armée dont je parlais au début, groupe qui, s'il regrette nos plus glorieux chefs d'école, vient de montrer à Vienne que la France n'a point perdu la suprématie en matière d'élégance et de goût.

Ce monument existe, c'est le Panthéon, c'est Sainte-Geneviève, c'est la basilique élevée au dix-huitième siècle à la pa-

kOk APPENDICE.

tronne de Paris et des Gaules. Sainte^jenevièye est à coup sûr l'édifice de Paris le plus renommé dans nos provinces «t à l'étranger; c*est luiqui, de sa colline sainte, domine la ville entière et semble le plus puissant effort de sa magnificence. Et, chose singulière, quand tous les édifices de Paris ont été, depuis un demi-siècle , décorés à l'envi de peintures et de sculptures par les diverses administrations qui tenaient à oocuper le talent des artistes et à laisser trace de lenr passage, celui-là seul a été complètement négligé, si ce n'est par la RestauraJtion qui a confié au baron Gros la décoration fameuse de sa laDteme, et au baron Gérard les quatre pendentifs qui furent Tœuvre d'une vieillesse affaiblie sans doute, mais vaillante jusqu'au bout, selon le tempérament de sa génération héroïque.

Il convient aussi de ne pas oublier l'essai qui fut confié en 1848 à un artiste éminent de la décoration du Panthéon au moyen de grands cartons qui devaient y représenter l'histoire de l'humanité; mais ce cycle de compositions philosophiques dont nous avons vu un certain nombre aux expositions de 1853 et de 1855, ne pouvaient plus s'appliquer â un temple qui, trois ans plus tard, était rendu au culte, et la tentative en resta là, après avoir fourni à M. Ghenavard l'occasion de donner la mesure de sa vaste culture d'esprit, de son abondante invention et de son respectueux sentiment des grands maîtres.

J'ai pensé, monsieur le ministre, qu'au lieu de disséminer, ainsi que Ta souffert trop souvent une fâcheuse tradition, les ressources du budget des Beaux-Arts dans de médiocres commandes vouées à la dispersion, il était vraiment plus digne de la confiance que vous avez bien voulu m'accorder, de consacrer en bloc une grosse part de ce budget pendant trois ou quatre exercices, à entreprendre, continuer, mûrir et conduire à bien, si c'est possible, la décoration complète, immense et infinie dans ses détails d'un tel édifice national, décoration étudiée d'abord en son ensemble, puis dirigée, dans toute l'unité de son invention, de manière à en former un vaste poémjB de peinture et de sculpture à la gloire de cette sainte Geneviève qui restera la figure la plus idéale des premiers temps de notre race, poème oti la légende de la patronne de Paris se combinerait avec Thistoire merveilleuse des origines chrétiennes de la France.

Quand vous aurez inauguré, monsieur le ministre, le pom-

peux monument de TOpéra, où notre pays a voulu montrer sans marchander, et en réunissant le faisceau de ses plus brillants artistes, ce que peut son génie appliqué à Parchitecture des fêtes théâtrales, il sera intéressant de constater que les œuvres qui exigent plus particulièrement la gravité et la vigueur solide conviennent encore à nos artistes, et qu'après avoir fait preuve, aux yeux de J'Europe, de dons inestimaîïles d'esprit, de grâce et d'élégance, ils sont capables de remonter aux sommets les plus sévères et les plus nobles de Part religieux et patriotique.

Si cette pensée vous agrée, monsieur le ministre, je vous prie de vouloir bien m'autoriser, dès aujourd'hui, à étudier, de concert avec M. l'architecte de Sainte-Geneviève, et après m'ôtre assuré que la direction des bâtiments civils, de qui te» lève le monument, n'a point d'autres visées pour son ornementation, un projet qui, avant d'être exécuté dans une période d'années assez étendue, puisqu'il n'emploiera qu'une part du crédit habituel consacré à la décoration des édifices publics, exigera de fort longues iréflexions, des combinaisons décoratives fort compliquées, et qui, pour voir ses premiers ' travaux commandés sifir les ressources du budget de 1875, a besoin d'être sagement préparé pendant le cours presque entier de la présente année.

J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, monsieur le ministre, votre très-humble et très-dévoué serviteur,

Le directeur des Beatix^Arts^

PH. de GHENIÏEVlfiRES.

Approuvé : «

Le ministre de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts,

De Fourtou.

INDEX

vj, 112, 155,

About : XXI, 222.

Achard : 296.

Adam-Salomon : 249.

Adan : 302.

Alexander : 302.

Aligny : 104, 287.

AUar : xjv, xv, xxiij-, xxjv,

Allasseur : 243.

Allongé : 290, 339.

Allouard : 241.

Alma-Tadéma :

Amand-Laroclie Amaurjr-Duval Anastasi : 337.

André (Edmond) : vj , 303.

Anker : vj, 214.

Antigna : ^, 283.

Antigna (Mme) : 283.

AUtonello de Messine : 322.

Appian : vj, 298.

Arago (Jac^es) : ^4.

Armand-Dumaresq : 216.

Astruc (Z.) : 242.

Aubert : 303.

Aublet : xiij.

Axenfeld : 303.

Aycard (Marie) : XIX.

Bachelin (A.) : 215.

Baille : 326.

Baillière (H.) : 345, 349.

Bakalowicz : 330.

Balïu : 389.

Baltard : 390.

Barbier (Aug.) : xxjv.

Baron : 173, 174.

Barrias(F.) : 210, 300, 317,

Barrias (Ernest) : 251, 385,

Bartholdi : 247, 382.

Barye : 55, 193, 237, 246,

Basset : 310.

Batbie : 391.

Baudelaire : XXI.

Bandit : 290.

Baudot (de) : 387.

Baudry : xxjx, xxxjv, 49, 113,

Baujault : xjv, xv, 388, 390.

Bayard : 356, 362.

Bazin (C.) : 217.

Beaucô (J. A.) : 217, 218, 237.

Beaurae (J.) : 303.

Beaumont (Ed. de) : x, 146,

Becker (Geor^^es) : 200, 304,

Becquet : 247.

Bellangé(H.) : 111, 217.

Bellel : 339.

Bellenger (G.) : 389.

Bellet du Poisat : 290.

Bellin (Jean) : 322.

Belloc : XVIII, 148, 328.

Benner (Jean) : 304, 386.

Benouville : 40, 170, 239,

INDEX

Bentabole : 290.

Benvenuto Gellini : zxjv, 237,

Berchere : 339.

Berne-Bellecoor : vj, 210,

Bernier (G.) : 290.

Bertauz (Mme L.) : xv, 388.

Bertin (Victor) : 3, 196, 286.

Bertrand (James) : 305.

Betsellièvre : 215.

Beulô : 390.

Biard : 305, 315, 327.

Bida: 117, 126, 181, 182,

Bidault : 60, 286.

Biemioury: 297.

Billet : xij, 306, 386, 387.

Bin : 307.

Biot : 389.

Bisschop (Gb.) : 307.

Blanc (Gh.; : XXI, 78, 99,

Blanc (Paul) : viij, 307, 369,

Blanchard (£. T.) : xviij, zjx,

Blanchard (Jules) : xv, 388.

Blin (Francis) : 105, 287.

Boetzei (Mlle H.) : 387.

Boisselier : 159.

Boite : 387.

Bonheur (Isidore) : 75.

Bonheur (Raymond) : 73.

Bonheur (Rosa) : 73, 339 .

Bônington : 8, 268, 390.

Bonis : XI. Bonnassieux : 242.

Bonnat : ij, \j, 145, 314,

Bonnegr&ce : 255.

Bonvin(F.) : vj, 339.

Bosio : 55.

Botticelli : XXIX, 22.

Boucher : XYII, 3^, 236.

Bouchot (F.) : 321.

Boudin : 291.

Bouguereau : xviîj, ]qx, 49,

Boulanger (Gustave) : 309.

Boulanger (Louis) : 129.

Bouquet (M.): 291.

Bouret : 274.

Bourgeois (G. A.) : xv, 388.

Bourgeois (L. M.) : xvj, 388.

Bourguignon : 207.

Bracassat : 60, 106, 291, 294.

Bracouemond : 128, 338,387.

Brandon : vj, 3^0.

Breton : 389.

Breton (Emile) : vj, 294.

Breton (Jules) : vj, 118, 141,

Brion (G.) : 233, 370.

Brissot : 218.

Bronzino : XXIX, 253.

Brown (J. L.) : vj, xiij, 127,

Browne (Mme H.) : 119, ^33.

Brunet-Debaines : 387, 389.

Brunet-Houart : 282; Bûrger (W.) : XXI.

Burty : XXI, 125, 144, Busson (Gh.) : 298.

Gabanel : vj^ xxiij, 106, 170, 180, 215, 225, 228, 265, 280, 281. 302, 307, 312, 314, 324, 325, 332, 335,

Gabanel (Pierre) z xij, 387.

Gabat : XX, 33, 41, 287, 294, 299 300.

Gadart (Alfred) : 64, 357, 362,

Gaffiery : 236, 237.

GaUle (L.) : 310,

Gain (A.): 251.*

Galamatta : 48.

Galinaud : 389.

INDEX

Callot : 28» 46, 133, 394.

GamboQ (A.) : xij, 387.

Gaptier : 386* Caraud : 118, 310.

Garpaccio : 370.

Caipeaux : 192, 247.

Garrache : XXIX, 52.

Garreno : xvij.

Garrier-Belleuse : 247, 402.

Gastagnarj : XXI.

Ga^jtan : 310.

Castres (E.) : 208, 274, 386.

Catenaeci : 173.

Gavelier : 242, 251.

Gazalis (H.) : 345, 348.

Gecionî : 24}.

Germak : yj .

Gernuscbi : iij, 393, 394.

Chaigneau : \], xiijMO^, 291.

Chalons d'Ârgé : 362.

Gham : 52.

Ghampfleury : 362.

Chaplain (J. G.) : 386.

Chapliû : vij, 110, 256, 263,

Chapu (H.) : 238, 252, 385.

Gharbonnel : 311.

Chardin : 197, 199.

Chardon : 389.

Charlet : 52, 57, 217, 219,

Charnay : 311.

Ghartran : 265.

Ghassériau: 16, 114.

Chassevent : 327.

Chatillon : 300.

Chatrousse (E.) : 243.

Chaavel : 389.

Chavet:311.

Chazal:311.

Chenavard : 57, 339, 404.

Cheniilion : xv, 388. Chennevières (de) : 391, 396,

Chenu (F.) : 292.

Gberbuliez : XXI.

Chéron (Mlle) : XL

Chervet : xv, 388.

Ghesneau : XXI.

Ghintreuil : y, 293.

Claude (Maxime) : 312 , 386.

Glaudet (M.) : 242.

Clément (Gh.) : XXI, 286.

Glère (Georges) : 386.

Gluseret : XXII.

Gock (César de) : 293.

Cock (Xavier de) : 293.

Goéssin de la Fosse : xij, 312,

Cogniet (Léon) : XIX, 23, 145, 181, 185, 209, 217, 218, 225, 238, 257, 258, 264, 266, 267, 270, 290, 295, 298, 303, 307, 310, 314, 320, 321, 326, 327, 329, 333.

Goinchon(A.) : 312.

Colin (Gustave) : viij, XII,

Colin (Paul) : 312.

Gollin (L.J.):xj,387.

Compère (René) : 251.

Compte - Calix : 110, 160,

Comte (A.) : 307 .

Comte (G.) : 331 , 339.

ConincK (de) : liij, 387.

CoDstable : 8, 390.

Cordier : 24L

Gormon (F.) : xj , 387.

Cornélius : VU.

Cornu : 328.

Corot : X, XXI, 3, 25, 104, 119, 136, 172, 174, 287, 291, 293, 296, 298.

Corrège : 121, 289.

Corroyer : 388, 390.

Got : 312, 386.

Courbet : XXI, 9, 107, 228, 289, 340.

Court : 368.

Gourtat : 387.

Cousin (Jean) : 395.

Cousin (Victor) : 37.

INDEX

Goutun : 373,

Couture : 163, 189, 203, 215,

Grauk : 248.

Grépinet : 389.

Croisy (A.) : zvj, 388.

Cruikshauk : 52, 394.

Gugnot (L.) : 241.

Gurzon (de) : 119, 298.

Guvelier : 251.

Daliphard : xlij, 387.

DaDj^uin : 387.

Danjoy : 389.

Dansaert : 313.

Dantaa (J. E.) : 258.

Dantan jeune : 241.

Darcel (Alfred) : 389.

Daubigny : v, 8, 104, 174, 230,

Daubigny (Karl) : 232.

Daulnoy : 313.

Daumiec : 51, 95, 98.

Daunas (H.) : 280.

David : XI, XX, 17, 50, 62,

David (d'Angers) : 36, 178,

David d'Angers (Robert): 243.

David (Emeric) : XX.

Davioud : 389.

Deblois : 387, 389.

Debrosses : 357, 359.

Debucoort : vj, xij, 99, 319,

Decamps : VIII, XX, 31, 43,

Degeorge (Charles) : 243, â86.

Dehodencq : 115, 258, 332.

Delaborde (Henri) : 390.

Delacroix : VIII, XVIII, XXI,

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