‹ Peintres et sculpteurs contemporainsChapitre 90 sur 151 · Né à Gand. Médaille de 3* classe en 18ô · texte numérisé non relu

Né à Gand. Médaille de 3* classe en 18ô

et M. Emile Breton * a gardé pour lui le pays. Il y a un sentiment très-pénétrant, très-profond et d'une réelle vigueur dans ses deux études d'hiver. La matinée est froide, neigeuse, mais sans tristesse, tandis que le soir^ avec ce rouge soleil couchant, dont les rayons incendiés se réfléchissent dans une eau calme, glacée, et ces arbres où la sève dort sous la neige, offre un de ces spectacles d'une mélancolie mâle que réservent les grands bois à ceux qui les aiment. Ce Soir (ïhiver serait lugubre si tout n'avait sa poésie et son espoir. Ce Soir et ce Matin sont d'ailleurs, deux toiles excellentes et des meilleures du Salon.

M. Louis Gabat ' est loin de ses premiers succès. Il n'est point très-vieux cependant, il devrait avoir conservé un peu de cette vigueur réaliste qn* on lui reprochait autrefois, et qui fit sa réputation lorsqu'il explorait les bords de llndre ou de la Meuse, et les chemins

1. Breton (Emile), né à Courrières (Pas-de-Calais). Il a exposé en 1861 : Effet du matin, SoleU couchant et Automne; ^n 1863 : le Crépuscule en automne, Coup de vent; en 1864 : un Ouragan, Soleil couchant; en 1865 : un Soir d'été, un Crépuscrde; en 1866 : un Étang; en 1868 : une Source, la Neige, etc. Médailles en 1866, 1867 et 1868.

2. Cabat (Nicolas-Louis), né à Paris, le 24 décembre 1812, élève de Camille Fiers. On lui doit ; Vue des bords de la Bouxame, le Moulin de Dampierre, le Cabaret de Montsouris, Intérieur d'une métairie, le Hameau de S'arasin, Hôtellerie dans VIndrey V Oiseleur à l'affût, la Fête de la Vierge de Veau, les Plaines d'Arqués, le Bois de Fontenay-aux-Roses, la Gorge aux loups, VHiver, le Samaritain, le Jeune Tobie, le Lac Némi, Genzano, les Bords de la rivière d'Arqués, les Disciples d'Emmaûs, la Chasse aux sangliers, Chèvres dans un bois, Vues de laNésa, du Lac Bolséna, le Ravin de Villeray, le Matin, te Crépuscule, le Soir au lever de la lune (1855) ; l'Ile de Croissy, les Bords de la Seine à Croissy (1857); V Étang des bois (1859); Souvenirs du lac de Némi, une Source dans les bois (1864) ; Solitude (1865), etc., etc.

M. Cabat a obtenu une 2* médaille en 1834 et une 3* à rEzposition universelle de 1867. Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1843, il a été promu officier en 1855. Il a été nommé membre de l'Académie des 'Beaux-Arts en 1867, en remplacement de Brascassat.

du Calvados. M. Gabat n'est plus Targonaute de 1830, embarqué sur la Seine, qu'il appelait le fleuve. Il est membre de Tlnstitut, et il expose des paysages classiques ou druidiques, ce qui est tout un. La Fontaine druidique, où va boire le cerf, où s'enroule un serpent dont Gharlet dirait, comme il disait à Poterlet en s'arrêta nt devant le Laocoon : « Mais ce n'est pas un serpeatf c'est une anguille ; » ce paysage terne, froid, gla cial, qui nous reporte à Micbalon lui-même, n*est pas plus réussi que le Temps orageux du même peintre ; hélas l ï Étang de Ville-d'Aùray dont M. Gabat fit jadis un chef-d'œuvre, est-il donc tari ? Et le Buisson normand n'a donc plus de feuilles ? Fallait-il donc admirer Huysmans pour le renier ainsi ? L'Institut habite dans cette grotte druidique, et s'il en sortait jamais une ondine, elle serait coiilée à la mode du premier empire, et parlerait en alexandrins de Jacques Delille. M« Gabat a dédaigné l'impression sans atteindre le style : « le penseur, dit un critique, a dénaturé V artiste. » 11 nous reste un académicien. Mais encore^ si cet académicien nous donnait toujours des pages semblables à ce Chemin j à ces horizons vraiment superbes qu'on voit dans son tableau du Luxembourg I Quittons vite M. Gabat, fuyons ce froid rocher, ce paysage noir, cette biche ou ce cerf, et ce serpent à la tarlare I

M. Jules Didier S dans ses Études de la campagne de Rome, n'est pas plus heureux que M. Gabat dans ses forêts classiques. V Abreuvoir dans les montagnes a la coloration de l'imagerie, et les bergers à cheval, avec leurs longues piques, sont peints d'un ton triste et dans une gamme ennuyeuse. Il y a un grand sentifiient de mélancolie, en revanche, dans le tableau de M. J. Férat *, Après la guerre. Un paysan, en donnant

1 . Elève de MM. Léon Cogoiet et J. Laurent. Prix de Rome en 1857. Médaillé en 1866 et 1869.

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