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QUATORZIÈME SIÈCLE

Giotto né en 1276, mort en 1356, élève de Cimabué.

N° 57. La Justice, devant laquelle une foule de soldats florentins, et de personnages remarquables, tous à cheval, prêtent serment de fidélité. La Justice porte des ailes, et elle est debout sur un globe transpercé de trompettes qui en sortent en tout sens. De la main droite , elle tient son glaive; de la gauche, un Amour qui lance une flèche. Le globe pose sur des traverses qui peuvent être des instruments de supplice ou simplement la char-

pente nécessaire pour affermir le globe et la statue. On distingue vingt-, trois têtes de guerriers. Au milieu du tableau, suivant l'opinion du célèbre abbé Rivani, Florentin, grand connaisseur en compositions de cet âge. l'homme à moitié nu, qui a ses mains en arrière, est un criminel qui semble attendre la mort; suivant d'autres savants, qui ont voulu aller plus loin, ce criminel est Gauthier de Brienne , duc d'Athènes, chassé par les Florentins, dont il était le tyran, après avoir reçu d'eux la suprême autorité. . Alors ce tableau serait celui que le gouvernement du temps aurait ordonné de composer, et qui aurait été suspendu à la porte du palazzo vecchio pour y constater l'infamie attachée au nom du tyran : mais cette opinion n'est pas admissible, et j'ai eu tort de la partager moi-même dans d'autres écrits. En étudiant la question avec insistance, je me suis convaincu naturellement que Giotto, étant mort en 1336, n'a pas pu peindre cet événement arrivé en 1343. Tout au plus le tableau pourrait être de Giottino, petit-fils de Giotto, mort en 1376. Cette dernière conjecture serait confirmée par M. Emeric David (voyez son article Giottino, Biogr. univ.).

Quelques personnes pensent que cet homme à moitié nu, qui est en avant et absolument découvert, n'est autre qu'un portefaix chargé de soutenir la lourde machine surmontée par la statue de la Justice. Dans ce cas, pourquoi faire supporter un pareil poids par quelques hommes? ils pourraient le laisser tomber. Ce qui dispose à croire qu'il s'agit d'un criminel, c'est que sur le devant du tableau on distingue trois animaux : un renard, un loup et un cochon, qui figureraient la ruse, le cynisme et la voracité d'un chef méprisable. Le titre que portait Gauthier de Brienne était celui de capitaine de justice. Alors la justice, mise en scène, vient appuyer l'opinion de ceux qui veulent qu'ici il s'agisse des crimes d'un tyran qui a abusé de la confiance des Florentins.

Mais il faut évidemment renoncer à l'hypothèse, qui suppose qu'il s'agit ici de Gauthier de Brienne, et, comme on peut conserver celle qui tend à prouver qu il s'agit d'un criminel, et qu'en même temps les experts les plus habiles de Florence prétendent que le tableau est bien assurément l'ouvrage de Giotto, on sera peut-être amené à penser que le condamné est Corso Donati, gendre d'Uguccione, et qui fut chassé de Florence en 1308, ou tout autre citoyen plus ou moins coupable. En effet, ces accusations et les arrêts par tableaux ne sont pas toujours des preuves de délit. Sou-

vent ce ne sont que des injures jetées par un parti vainqueur à un parti vaincu. Voyez l'immortel poëme de Dante.

Quelle que soit la conjecture à laquelle on s'arrêtera, ce tableau doit être regardé comme précieux. Le cadre est aussi ancien que le tableau dont il fait partie; le travail du sculpteur en bois a précédé celui du peintre. Autour du cadre, dans la partie antérieure, on a peint douze plumes ou panaches, trois noires, trois blanches, trois rouges et trois jaunes : derrière le tableau, ces mêmes plumes sont peintes plus en grand. Sur la gauche, on a ajouté depuis, les boules, armes des Médicis, les Palle telles qu'ils les portaient avant que Louis XI leur eût permis, en 1465, de placer des Ileurs de lis sur une de ces Palle. Celles-ci sont toutes semblables et posées, en termes de blason, deux, trois, deux, une; en tout huit ( voyez planche 20). Haut. 623 m., larg. 623 mil

N° 58. Jésus-Christ sur la croix, Marie, deux saints, une sainte ; audessus, dans le même cadre, un Père éternel qui donne la bénédiction. Haut. 514 m. larg. 299 mil!. (Voyez pl. 21 adroite.)

N° 59. Un Christ, trois figures, au haut de la croix : hic, ihs. Ce tableau est sur toile collée sur bois. Haut. 290 m. larg. 1 90 m. (Voyez pl 21 à gauche) .

N° 60 Couronnement de Marie et supplice de Sainte Catherine, fille de Cestius d'Alexandrie. Ce tableau en contient quatorze en un seul. Ils représentent, pour la plupart des saints, avec leurs attributs : les saints sont séparés entre eux par une colonne torse en reliefet dorée. Haut. 600 m., largeur 408 mil!. (Voyez pl. 22).

Buffalmacco, qui jlorissait en 1351.

N° 61. Tabernacle. On voit au tableau du milieu la Vierge tenant son fils dans ses bras. Saint Jean, saint Antoine, deux anges. Le volet gauche représente en haut l'ange Gabriel, et en bas saint Paul et un évêque.

Le volet droit représente en haut la Vierge annoncée, et au bas saint Pierre et un évangéliste. Haut 541 mill., larg., les volets ouverts, 51 4 mill. Il n'a pas été reproduit

N° 62. Tabernacle. Dans le tableau du milieu , la Vierge assise tenant l'enfant Jésus, saint Paul avec son épée, un saint tenant un livre, sainte Catherine d'Alexandrie, saint Antoine avec son bâton

Sur le volet gauche, en haut, l'ange qui annonce, au bas saint Jean-

Baptiste portant une croix et une inscription illisible, mais où Ton peut reconnaître des caractères grecs, un saint qui peut être un saint Antoine, une sainte tenant un cœur enflammé!

Sur le volet droit, en haut, une Vierge annoncée. En bas, Jésus-Christ sur la croix, Marie, un saint, une sainte femme à genoux embrassant la croix (voyez la pl. 23). Haut. 433 mill., larg., les volets ouverts, 453 mill.

N° 63. Saint Dominique, un lis dans la main droite, tenant un livre rouge dans la main gauche (voyez la première gravure à gauche de la pl. 24) Haut. 704 mill., larg. 377 mill.

N° 64. Trois moines couronnés regardant à droite.

N° 65. Trois moines couronnés regardant à gauche.

Clés deux compositions font partie d'un ornement d'autel qui a été dépecé ; elles n'ont pas été reproduites Chaque tableau a de haut 228 mill.. de larg. 92 mill.

N° 66. Moitié de diptique, Jésus sur la cro ix, six anges en l'air, les saintes femmes soutenant Marie évanouie huit autres figures Nous reproduisons le groupe de Marie évanouie.

N° 67 Trois saints tenant chacun un livre : celui qui est au milieu tient encore de la main droite une plume. (Voyez la gravure du milieu de la pl 24.) Haut. 302 m. larg. 293.

N° 68. Saint Dominique et une sainte portant une épée (voyez la gravure d'en bas de la pl. 25) Haut. 262 mill., larg 100 mill.

N° 69. Saint Jean et une sainte tenant une palme (voyezlagravuresupérieuredela pl. 25)

SpïnelIlo Akëtino, né en 1308, mort en 1400, à 92 ans, écolier de Jacques

de C asentino.

N" 70 Annonciation et adoration des mages : ces deux scènes sont séparées, caisson. Haut 487 mill., larg. 283 mill (Voyez pl. 34).

Pierre Laurati , qui travaillait à Sienne, de 1327 à 1342, et hors de Sienne,

jusqu'en 1355.

N° 71. La trahison de Judas, caisson. Cette composition renferme plus de vingt figures : Judas embrasse Jésus-Christ, et le montre aux soldats: saint Pierre se penche vers Malchus, dont il vient de couper l'oreille. Haut. 352 milL, larg. 308 mill. (Voyez pl. 34).

N° 72. Saint François d'Assise ou un saint de cette époque tenant un livre sur lequel on lit une inscription qui finit ainsi : dicit Dominus, les autres caractères sont illisibles. Haut. 297 mill , larg. 196 (voyez la première gravure à gauche de la pl. 26).

N° 73. Sainte Catherine d'Alexandrie.

Cinq figures en prières : deux tiennent des rouleaux sur lesquels il y a ries caractères qui sont illisibles. (Voyez le second dessin de la planche 26 . Haut. 818 mill., larg. 194 mill.

N° 74.';]VI ystères de la religion chrétienne. Dix tableaux réunis en unseul.

L'annonciatiou; la Naissance de J.-C; Adoration des mages; J.-C. instruisant dans le temple; la Scène; J -C. en prières; la trahison de Judas, en bas du tableau; au milieu, J.-C. sur la croix; à gauche, dans la neuvième séparation, trois saints; à droite, saint Christophe; une sainte et un évêque. Ce tableau se termine en angle aigu. (Voy. pl. 27.) Haut. 975 mill. Larg. 595 mill.

Taddeo Gaddi , né en 1300, et qui vivait encore en 1352.

N° 75. Saint Jérôme , saint Dominique , saint François d'Assise. Haut. 392 mill., larg. 257 mill.

N° 76. Saint Placide, saint Benoît, saint Maur. Une religieuse couronnée, a genoux. Elle parait être la donataire. Saint Benoît tient un livre sur lequel on lit: avscvltate oei ni psalm ix Haut. 454 mill., larg. 325. (Ces deux tableaux n'ont pas été reproduits.)

N° 77. Jésus-Christ sur la croix, Marie évanouie, six femmes, autres figures. Un des gardes, peint en or, a I armure des chevaliers du temps où vivait le maître. Les gardes se partagent la robe de J -C. Caisson petit et long. (Voyez planche 28.)

Haut. 541 mill. larg. 210 mill.

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