‹ Peintres primitifsChapitre 7 sur 11 · QUATORZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME SIÈCLE

Masaccio, né en 1401 , mort en 1443.

N° 114. Saint Jérôme, habillé en cardinal. Haut. 742 mill., larg. 485mill. ( Voyez planche 42. i

N° 115. Téte de jeune homme. Cette tête se retrouve, dans les fresques de Masaccio, au Carminé, à Florence. Les ouvrages de Masaccio sont très-rares. Haut. 433 mill. , larg. 325 mill (Voyez planche 49.)

Auteur inconnu qui travaillait en Toscane, au commencement du quinzième siècle. Son style est un mélange du style grec et du style florentin de ce temps-

N° 116. Saint Luc, fond d'or.

N° 117. Saint Pierre, id.

N° 118. Saint Philippe, id, N° 119 Saint Jean, id.

N°120 Saint Jacques, id.

Ces cinq numéros ont chacun de hauteur290 millim.,delarg. 216 millim ( Voyez planche 46 i.

Laurent di Bicci , mort v ers 1450.

N° 121. Cinq têtes de saints, peintes sur toile, collées sur bois. Haut. 4S7 millim., largeur 230 millim ( Ce tableau n'a pas été reproduit ).

Paul Uccello, né en 138J, mort en 1472.

N° 122. Saints martyrisés Caisson. Adroite deux viei llards paraissent juger les saints, que l'on crucifie à l'instant : au-dessus des croix, en voit les âmes des crucifiés qui s'envolent au ciel. Haut. 277 milli m larg , 415 millim. ( Voyez planche 44 ).

N° 123. Caisson. Plusieurs figures aux enfers, dans des chaudières: à droite, l'ange Gabriel avec une balance. Un saint vient retirer de l'enfer

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une ligure après laquelle court un diable qui a des ailes rouges. L'auteur paraît s'être inspiré d'un passage de Dante. (Voyez planche 47 )

N° 1 24 Plateau sur lequel on offrait des présents aux femmes accouchées: il représente sainte Elisabeth au moment où elle vient de mettre au jour saint Jean-Baptiste Elle est entourée de quatre femmes: Sur le devant, l'enfant dans les bras d'une servante; une autre fait des signes à l'enfant pour apaiser ses cris ; une troisième pince d'une espèce de guitare pour le réjouir.

Au bas du tableau est écrit : [sic) queslo si fe a di XXV d'aprile nei mille quatrocento ventottQ. Cela a été fait le 25 avi il 1428.

Derrière ce tableau, sur toile collée sur bois, est un enfant dans un bosquet d'orangers Autour est écrit . [sic) Faccia iddio sana ogni donna ckê figlia e padri Loro. .. a loro.. . sia sensa noia o richdia isono un banbolin gesu dimoru fo la piscia d'arjento e d'oro. L'enfant fait ce qu'exprime le mot Piscia.

Il tient à la main un joujou du temps A droite et à gauche, les armoiries de deux familles distinguées de Florence, tableau octogone. Haut 595 millim , larg. 595 millim. Voyez planche 48)

N° 125. Jé us-Christ embrassant sa mère.

Cinq autres ligures. Caisson. Haut. 2 "9 millim , largeur 420 millim. (Voyez planche 47 )

Fba Angelico, né en 1389, mort en 1455.

N° 126 Résurrection. Les trois Maries, peintes sur parchemin, un ange dont la figure et les mains sont rouges ( N'a pas été reproduit. ) Haut. 146 nu'Him. larg. 144 millim.

N° 127. Quatre anges posés sur la pointe du pied, et soutenus par des espèces de nuages. Haut. -^79 millim., larg. 188 millim. ( Voyez planche 49. )

André del Castagno, né en 1430, mort vers 1 W7.

N° 128. Jésus dans le jaidin de la montagne des Oliviers, esquisse d'un grand tableau. Haut 88 millim., larg. 88 millim. (Voyez planche 48. )

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Alexis Baldovinetti, né en 1425, /«or/ e« 1499.

N°. 129. Saint Dominique et saint François. Ils sont chacun accompagnés de deux frères de leur Ordre. Cette entrevue des deux fondateurs d'Ordre, est assurée par les Bollandistes Wadding et Cuper, et niée par d'autres auteurs. M Lécuy, article François d'Assise , dans la Biographie universelle, pense que François s'était lié à Rome avec saint Dominique, et que tous deux assistèrent avec le cardinal Ugolin, au chapitre général des franciscains, tenu à Sainle-Marie-des-Anges, près Assise, en 1219.

On remarque dans ce tableau, une perspective d'un effet excellent , une de ces perspectives que M Granet a imitées, et si glorieusement perfectionnées. Haut 257 millim., larg ^70 millim. Voyez planche 50.)

N° 130. Un évêque avec des gants rouges. On croit que c'est un ancien évêque de Florence Haut. 203 millim., larg 176 millim. (Voyez planche 50. )

No 131. Un Saint père qui lit. Haut. 142 millim , larg. 142 millim. ( Voyez planche 48 ).

N° 132 Saint Dominique, un lis en main. Il tient un livre sur lequel on lit: Charùatèm hàbete , humilitatem serve/.... etc. Haut. 212 millim., lary. 148 millim. ( Voyez planche 50 ) .

Pesellino Peselxi , né en 1426, mort frès-jeune en 1457.

N" 133. Histoire de Joseph , première partie. Cinq scènes différentes. Il reçoit la bénédiction de son père. Il est vendu par ses frères à des marchands ismaélites 11 fuit la femme de Putiphar, el lui laisse son manteau. Il explique le songe des grands officiers de Pharaon. Il explique le songe de ce prince.

Cette composition a dû être entreprise pour quelque grand de Florence qui s'appelait Joseph. La couleur est belle, les draperies sont fortement étudiées. L'art a fait des progrès remarquables (Voy. planche 51 )

N" 134. Deuxième partie de la même histoire. Cinq autres scènes distinctes. Joseph se fait reconnaître par ses frères. Il leur fait distribuer du blé II les congédie chargés de présents. 11 ordonne que l'on cache une coupe d'or dans le sac de Benjamin. On ramène Benjamin. A droite du tableau, on voit toute la partie antérieure d'une girafe bien dessinée. En 1456,

un négociant égyptien avait fait voir une girafe dans une fête de Pise , Pesellino Peselli a voulu qu'elle figurât dans le tableau que nous décrivons. On sait que les Toscans étaient très-portes à réunir déjà, dans des ménageries, toutes sortes d'animaux étrangers. Laurent le Magoilique ayant manifesté le désir de posséder une girafe, le Soudan d'Egypte lui en envoya une en 1492. Ainsi, on a eu tort de dire que la girafe que nous possédons à Paris est la première qui ait été vue en Europe. L'auteur, craignant apparemment que cet animal , s'il était peint en entier, ne parût manquer de grâce et d'élégance, parce que ses pieds de derrière sont plus courts que ceux de devant, n'a placé ce gracieux animal qu'à l'extrémité de son tableau, et ne laisse voir que la partie antérieure

Ce tableau et le précédent sont deux caissons qui étaient très-estimés à Florence : le traité pour l'acquisition de ces deux magnifiques ouvrages de Pesellino a duré plus d'un an. Haut 458 mill. , làrg. 1,677 rihîl. (Voyez planche 52.)

École de Mantegna , qui florissait en 1480.

N° 135. Plateau représentant Diane au bain. Haut. 514 mill., largeur, 045 mill. (Ce tableau n'a pas été reproduit.)

Sandro Botticelli, »i; m 1437, mort en 1515.

N° 136. Jésus-Christ sur la croix au milieu des deux voleurs. Les gardes se partagent la robe de Jésus-Christ : un de ces gardes, vu par derrière, est d'un effet très-beau. Hauteur, 334 mill., larg., 248 mill. (Voyez la.pl. 53.)

N° 137. Jésus-Cbrist sur la croix, Marie et une sainte femme. Haut., 297 mill., larg. 244 mill. (Voyez planche 53.)

N° 138. Jésus-Christ sur la croix. Deux anges en adoration. Un garde à cheval. Marie; trois saintes femmes, dont une à genoux. Saint François d'Assise à genoux, un saint, deux évêques. Haut. 597 mill., larg. 282 mill. (Voyez planche 54.)

Pierre di Cosimo, hé en 1441, morl en 1521. N° 139. Vierge tenant l'enfant Jésus (Planche 55

N° 140. Résurrection, saints , anges ; plus bas le purgatoire, où l'on voit des Ames qui prient, et l'enfer, où l'on distingue des âmes couvertes de sang, poursuivies par des diables Ce numéro et le n° 139 ont de hauteur 310 mill. , et de largeur 210 mill. (Voyez planche 56.)

David Ghirlandajo , né en 1451, mort en 1525.

N° 141. Vierge à genoux, Jésus, un ange. Haut. 514 mill., larg. 358 mill. (Ce tableau n'a pas été reproduit.)

N° 142. Vierge assise, tenant sur ses genoux l'enfant Jésus, à qui deux anges offrent des cerises. (Haut. 852 mill., larg , 852 mill. (Voy. planche 57.)

N" 143. Vierge, l'enfant Jésus. Dans le fond une cheminée où est un brasier allumé. Sur le devant, un chardonneret et la moitié d'un citron.

On voit que, dès avant Raphaël, l'usage était d'introduire des chardonnerets pour amuser l'enfant Jésus. Cet usage remonte à Cuido de Sienne. (Voy. le n° 24. page 28.) Haut. 590 mill., larg. 424 mill. (Voyez planche 58.)

N° 144. Vierge, son fils, saint Jean. Tableau cintré du haut. Haut. 71 2 mill. larg. 374 mill. (N'a pas été reproduit.)

N° 145. Vierge, son fils qui tient un chardonneret dans sa main; saint Jean, un ange. Haut. 650 mill., larg. 493 mill. (Voyez planche 58.)

Dominique Ghiklandajo, né en 1451 , mort en 1495, frère du précédent.

N° 146. Jésus sur la croix, Marie, quatre autres figures, paysage. Hauteur 791 mill., larg. 914 mill. (Voyez planche 59.)

École de Fra Rartolomeo, qui florissait en 1495.

N° 147. Saint Jean l'Êvangéliste.

N° 148. La Vierge.

N° 149. Jésus mort. Ces trois tableaux ont de hauteur 476 mill., et de largeur 476 mill. (Ces tableaux n'ont pas été reproduits.)

Pierre Vanhucci , dit le Pérlgiis, né en 1446, mort en 1524.

N° 150. Notre-D;ime , Jésus , saint Jean ; l'enfant Jésus prend une croix que lui présente saint Jean; à la gauche de la Vierge, un livre rouge. Ce tableau provient d'une ancienne galerie de Florence. Il est très -difficile de se procurer des tableaux de ce maître. Il faut remarquer qu'on voit les

pieds de la Vierge. Cette circonstance, disent les experts de Florence, donne un nouveau prix à cette composition.

Je me suis arrêté au Pérugin. Je ne crois pas qu'un amateur puisse facilement se procurer des tableaux de Raphaël. Il n'y a que des gouvernements ou des conquérants, ou des personnages favorisés par une foule d occurrences qu'il n'est pas aisé de réunir, qui puissent acquérir des tableaux vrais de ce divin compositeur. Quel plaisir d'aller offrir au public des tableaux dont l'authenticité est justement contestée? D'ailleurs, je n'entendais acquérir que des ouvrages de peintres primitifs, et je n'ai pas entendu porter mes recherches jusqu'au chef le plus illustre de la renaissance.

De nos jours, des artistes savants, auxquels on n'a pas assez rendu justice, et qui ont publié des écrits fort instructifs, ont peint des tableaux en détrempe. Il serait à désirer que l'exemple qu'ils ont donné fût suivi ; et puisque tant de tableaux a tcmpra, peints il y a quatre cents ans, peuvent présenter une conservation si remarquable, pourquoi la peinture sans huile ne viendrait-elle pas se placer modestement à côté de la peinture à l'huile?

Quelques-unes des grandes compositions de nos jours, destinées à perpétuer le souvenir d'innombrables faits glorieux pour la France, parviendraient ainsi à la postérité, telles que nos célèbres artistes les auraient conçues et exécutées, et il y aurait lieu de s'applaudir d'avoir prouvé que plusieurs siècles n'enlèvent souvent rii n de la fraîcheur d'un tableau peint sans huile.

D'après des études fort savantes que nous devons à M. de Montabert. qui a composé un des meilleurs ouvrages modernes sur la peinture, il paraît constant que la tradition nous a conservé la manière de peindre que l'Italie reçut des Grecs de Constanlinople. On sait quelle consistait dans le mélange de l'œuf et de la cire. On a employé même à certaines époques, le jaune d'oeuf, pour les teintes plus colorées, et l'on ne peut douter de toute la puissance de ce moyen : depuis, on ne s'est servi que de blanc d'oeuf. C'est avec le blanc d'œuf que l'on détrempait les couleurs et celle de la préparation du panneau, ou du bois plus ou moins sculpté, disposé pour recevoir ces couleurs. Les Italiens disent aussi qu'on employait le lait de figuier. M. de Montabert ajoute prudemment : « Mais a-t-on eu recours, « pour s'assurer de tous ces faits, aux décompositions de la chimie? A t-on « seulement essayé tous les dissolvants, les essences, les spiritueux? a t-on « bien pensé à reconnaître les résines et les gommes? »

Du res'e , mes tableaux sont là pour amener la science à juger quel a pu être le procédé employé pour les peindre.

Puissent d'autres amateurs réunir maintenant les tableaux des écoles flamande, allemande, hollandaise et espagnole! Je ne crois pas que les premiers ouvrages de l'école directement française, c'est-à-dire faits en France par des Français, et non par des Italiens ou des Allemands, remontent à un siècle ou un siècle et demi au delà de Laurent Vouet, qui florissait en 1 572.

Quant aux anciens tableaux des écoles flamande, allemande et hollandaise ( je ne parle pas de l'ancienne école espagnole, sur laquelle je n'ai pas en ce moment d'informations précises), je sais déjà que les amateurs suisses en ont réuni un petit nombre. M. Daniel Bourcard et M. Dienast en possédaient de précieux. M. Visher , ancien conseiller à Bâle, en rassembla aussi à son château de Wildenstein. Il a été même possesseur d'une partie de la fresque peinte à Bâ!e de 1430 à 1438, et qui représentait la danse des morts; ce morceau de (resque est de 980 millim. sur 975. On y voit une femme dont la tête est couverte d'un voile semblable à celui des Madones du douzième siècle qu'on trouve dans ma collection. C'est mal à propos que l'on a attribué ces ouvrages à Holbein. M. le chevalier Fiorillo s'est élevé contre cette erreur. Il ne faut pas oublier d'honorerle zèle de ce savant, qui, après avoir traité de l'état de la peinture en Italie, dans les premiers temps, s'est occupé de rechercher l'état de la peinture en Allemagne , aux mêmes époques.

Il est convenable de terminer mes observations. Ne résulte-t-il pas de toutes les considérations présentées plus haut, que l'histoire de la peinture n'est bien connue que depuis le treizième siècle : que des traditions seulement nous ont appris ce que nous savons du douzième , et que ces traditions doivent être d'autant plus respectées, à défaut d'histoire précise, que les monuments de ce siècle existent et sont sous nos yeux?

Les fureurs des iconoclastes prouvent, par induction, que dans le huitième siècle, il y avait des tableaux et des images. Il n'est pas étonnant qu'après le règne funeste de ces ennemis de toute civilisation, beaucoup de monuments de peinture se soient trouvés détruits. Peut-être découvrirat-on des maîtres antérieurs à .André Bico : car depuis 845, jusqu'en 1100, on a dû peindre librement des images. Il est probable que, puisque nousne connaissons aucun nom d'auteur de ce temps, que la peinture a été plutôt

tolérée que véritablemen' encouragée, et qu'aucun artiste n'a osé signer ses ouvrages. Le système des iconoclastes semble en quelque sorte subsister encore indirectement chez des Grecs de nos jours, quant aux tableaux de religion. Ces peuples paraissent défendre à cet art de faire le moindre progrès, et ils n'admettent à peu près, si l'on peut parler ainsi, que la représentation des images semblables à celles du temps où on les brisait.

C'est donc l'Italie qui a véritablement conservé la peinture. C'est à cette courageuse Italie que nous devons la conservation d'un art si brillant dans lequel les Français ont obtenu et obtiennent tous les jours tant de succès. Ces mêmes Français, cette nation généreuse, sensibles à l'affront de n'être pas arrivés les premiers dans une lutte où il fallait montrer de l'âme, de. la sensibilité et de l'esprit, tendent à former une école épurée qui réunisse en une seule les qualités et le caractère de toutes les écoles connues. Les peintres italiens flamands allemands et espagnols qui sont célèbres aujourd'hui, défendront sans doute à leur tour, l'honneur de leur pays, et il ne peut naître, d'un semblable combat, comme à l'époque où l'élève de Pérugin, Raphaël, vainquit ses rivaux, que la plus noble et la plus touchante émulation; de part et d'autre, des preuves constantes d'un ég I courage et d'une perfection d'intelligence comme surnaturelle; enfin, un immense siècle de gloire dans lequel le-- anciens auteurs pourraient craindre de reparaître.

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