‹ Peintures antiques de vases grecs de la collection de Sir John Coghill bartChapitre 6 sur 40 · PLANCHE IX · texte numérisé non relu

PLANCHE IX

On a déjà eu occasion de parler de l’ importance que les Grecs atlachoient à remporter des prix aux divers jeux publics ' , mais surtout à la course des chars . Cette peinture offre un jeune héros dans un char , enlevé avec rapidité par quatre superbes coursiers ; la Victoire qui les guide est allégorique à la protection que cette divinité accorde au jeune héros, et Indique qu'il a remporté le prix . Les dieux faisoient monter dans leurs chars ceux qu’ ils lionoroient de leurs faveurs “ ; c’ est ainsi que Minerve ^ prenoit souvent dans le sien la jeune Nymphe Cliariclo .

L Artiste a choisi le moment où le char tourne autour d’ une des bornes placées aux extrémités du stade . Il fallolt alors beaucoup d adresse de la part du conducteur pour pouvoir se maintenir en équilibre , et il arrivoit souvent qu’ il étoit jeté dans l’ arène par la rajiidité avec laquelle le char étoit enlevé dans cette évolution . Le jeune homme paroit effrayé de sa situation périlleuse , et ne se soutient qu en s’ attachant fortement par une main a la rampe du char . Un de ses jiieds a manqué , et touche presque la terre ; la Victoire s’ apperçoit de la frayeur de celui qu’ elle protégé , se retourne vers lui , et l’ encourage .

Le jeune homme est sans vêtement ; il tient un bouclier sans doute pour désigner qu’ il est inscrit parmi ceux chargés de défendre la patrie .

Ou distingue bien dans cette peinture la partie extérieure du timon qui est recourbé, et le joug qui le croise 4 . Les crins des chevaux forment au dessus de leurs tètes, le nœud appelé ampjx .

( I ) S uprà . page a.

(aj Scliol. in Sophocl. Ajax .

(3) Callimachus . Lavacrum Palladis . vers. 65.

(4) PoLLUx . lib. I. 146.

PEWTURES DE VASES GRECS i5

Les objets représentés audessns des cbevaiix , ne sont pas assez bien déterminés , pour pouvoir en rendre compte .

En comparant cette peinture avec une publiée par M. Millin ' , on apperçolt que ceux chargés de peindre les vases , en prenant pour modèles des ouvrages d’ un mérite superleur , ne s’ astreignoient pas à les copier exactement ; mais qu’ ils clioisissoient des parties dans divers originaux , et les réunissolent dans une même composition , changeant les accessoires suivant leur fantaisie . Ainsi , la ligure du jeune homme est absolument la même dans les deux peintures, et prise du même modèle; mais dans celle de M. Millin , r artiste a donné à cette ligure un casque . L’ action des chevaux est la même , seulement le mouvement des têtes est varié . L’ action de la victoire est aussi différente . Le dessin de cette peinture est fort peu correct , mais la composition est pleine de feu , et de mouvement .

Page 1