DESCRIPTION DES STATUETTES OU VASES EN PORCELAINE
PLACÉS DANS LE CORPS DE l'oUVRAGE.
Page 26. — Cette statuette du dieu de la Guerre Kouan-iu est une porcelaine K'ang-si, peut-être même Ming, c'est un san-ts'aè dans lequel la couleur verte est remplacée par un bleu turquoise truite.
Page 27. — Cette belle statue du Lao-cheou-sin ou dieu de l'Immortalité ne mesure pas moins de 5o centimètres. C'est un K'ang-si san-ts'aè auquel on a ajouté une teinte rouge-brique pour la robe. La tunique est jaune et les ornements en vert et en noir K'ang-si du plus bel émail ; c'est une pièce fort rare.
Page 29. — Splendide statuette de Fo de l'époque K'ien-loung. On ne saurait rien
CÉRAMIQUE CHINOISE
voir de plus parfait en porcelaine. Les teintes roses, jaune citron et couleur de chair sont d'une délicatesse admirable ; les ornements d'un dessin bien fini et très élégant. Le socle représente une fleur de lotus et en a la couleur rosée. C'est une pièce digne d'une collection hors ligne.
Pa<re3o. — Statue de la déesse Kouan-iin en porcelaine blanche K'ien-loung. Cette pièce est vraiment artistique et les draperies disposées avec un goût parfait. La déesse tient une fleur de lotus.
Page 47. — Cette statue de Tamo mesure 40 centimètres et a été fabriquée sous K'ien-loung; c'est un flambé à trois teintes. Le visage et les mains sont en porcelaine noirâtre ; les draperies ne laissent rien à désirer et les émaux sont brillants, vigoureux, presque translucides.
Page 128. — Bélier en porcelaine blanche de K'ien-loung sans aucune teinte ; les cornes sont sans émail et légèrement grisâtres.
Page 168. — Lampe en porcelaine K'ien-loung de couleur blanche ; les feuilles sont teintées de vert léger et la fleur de lotus, dans laquelle on mettait l'huile, a l'extrémité de ses pétales rosée. Cette élégante pièce est fort difficile à se procurer, on n'en voit presque jamais d'intacte.
Page 208. — Belle théière aplatie de l'époque K'ien-loung en porcelaine bleu et blanc. Le bleu est tendre et les dessins corrects.
Page 262. — Ce superbe vase dessiné en grandeur naturelle a la forme d'un œuf d'autruche et est agrémenté au col d'un lézard doré ainsi que tous les ornements. Le blanc est légèrement laiteux et à larges craquelures ; c'est un K'ien-loung.
Page 263. — Le fond de ce vase est blanc pur, avec un motif de grenades en relief décorées d'émaux de couleurs variées. On rencontre aussi la même pièce à fond couleur feuille de thé. Ces vases sont de K'ien-loung et ont une grande valeur.
Page 264. — Grand vase K'ien-loung à fond rose clair décoré d'arabesques. Ce vase porte deux médaillons à fond blanc ornés de chrysanthèmes de diverses couleurs. C'est
une pièce fort belle qui mesure environ 80 centimètres.
Page 265. — Grand vase K'ien-loung à fond blanc d'environ 60 centimètres de haut sur plus d*un mètre de pourtour. Le col est décoré de dessins éclairs teintés de rose et de vert, puis vient une ceinture d'arabesques multicolores et enfin le ventre du vase où est représenté un des paysages du Palais d"été. Malgré la beauté de cette pièce, elle ne peut se comparer à une autre de la même forme et de la même grandeur nommée
vase aux cent cerfs que nous placerons à la page 537 de cet ouvrage.
Page 266. — Vase aplati K'ienloung forme gourde ; il servait à mettre le vin de riz. La porcelaine en est belle, et l'encadrement en céladon bleu tendre. Le médaillon fond blanc est entouré d'une légère teinte rosée et orné de fleurs de pêcher. C'est une fort belle pièce élégante et bien faite, mais qui a peu de vigueur dans sa tonalité.
Page 272. — Espèce de coupe à pétales de fleur, en porcelaine K'ienloung, flambée à trois teintes. Les émaux sont riches et vigoureux de ton. Cette vigueur permettrait même d'indiquer l'époque K'ang-si pour cette belle pièce.
Page 320. — Petite pièce dessinée en grandeur naturelle ; blanc pur
N° 34.— Groupe des deux lettrés. Biscuit de K'ien-loung. K'ietl-loung. Elle représente trois
petits chiens de la race de Péking. On en rencontre de semblables en porcelaine dorée mais elles sont plus récentes et sans valeur.
Page 362. — Ce groupe représente la Kouan-iin tenant un enfant entre ses bras ; à ses côtés sont les adorateurs et les porteurs de présents, en haut une colombe et les livres de la sagesse ; enfin à ses pieds une tête de dragon. Ces personnages sont en porcelaine K'ang-si et les ornements de la Kouan-iin sont d'une rare beauté. La fleur de lotus est en rouge clair tendant à imiter la couleur rose qui n'était pas encore connue. Dans ce groupe on ne peut que reconnaître une imitation de la Vierge chrétienne
CÉRAMIQUE CHINOISE. $ 3 f
comme nous l'avons expliqué dans la partie historique de cet ouvrage.
Page 474. — Magnifique vase de K'ien-loung en porcelaine imitant le bronze ; les arabesques sont légèrement en bosse et la couleur générale approche de la feuille de thé, mais quelques plaques ou points dorés, quelques taches de vert-de-gris et de rouille, lui donnent l'aspect d'un vieux bronze. Ces vases sont toujours chers, car les Chinois les estiment beaucoup.
Page 494. — Ce vase destiné à mettre l'eau des sacrifices est la plupart du temps en bronze, cependant on en rencontre en porcelaine imitant le bronze ; dans ce cas l'anse est fixe et assez épaisse. On peut bien difficilement en trouver d'intacts.
Page 537. — Une des pièces les plus belles et les plus rares de K'ien-loung est sans contredit ce superbe vase appelé Pè-lou-p'ing-tse (vase aux cent cerfs ). — Il a plus d'un mètre de circonférence sur 60 centimètres de hauteur. Le fond blanc pur est d'une porcelaine parfaite et admirablement décorée : au milieu de rochers et d'arbres divers, se jouent cent cerfs de toutes les couleurs, de tous les genres et dans toutes les positions. Les émaux sont lucides et le dessin parfait. Comme dans tous les spécimens K'ien-loung on trouvera quelques petites fleurettes en rose clair. Le dessous du vase est marqué du grand cachet carré de K'ien-loung. Péking est rempli des imitations de cette superbe pièce, imitations mal faites et qui ne tromperont jamais l'œil d'un connaisseur.
Peut-être trouvera-t-on que nous nous sommes un peu trop étendu sur la description des porcelaines ; et cependant cet aperçu est à peine suffisant pour donner une idée des richesses de la céramique chinoise. Nous aurions dû faire dessiner et graver bien d'autres pièces intéressantes, mais il faut savoir se borner. Nous n'avons pas parlé des rouges-brique K'ang-si qui sont si beaux, avec leur fond uni et leurs délicates réserves décorées en couleurs. Nous avons passé sous silence les charmantes coupes à sacrifice de K'ang-si, avec leurs verts, leurs pointillés noirs, leurs anses si gracieuses entourées de lézards ou de dragons. Et ces plats superbes du même empereur, où les artistes ont représenté des scènes de chasse, des poissons, des personnages fabuleux, des paysages si vifs en couleur ; nous n'en avons pas dit un mot ! Et toutes ces tabatières, ces coupes, ces petites pièces merveilleuses autant que rares, sur lesquelles le sculpteur et le peintre ont épuisé leur savoir et qui sont sorties sans tache du four à porcelaine, nous ne les avons pas décrites ! c'est à peine si nous avons effleuré un sujet qui nécessiterait des volumes et des albums entiers. Nous espérons cependant avoir donné une légère teinture de l'art chinois, et les quelques notions que nous sommes obligé d'arrêter ici serviront peut-être au choix et au classement des riches porcelaines chinoises si chères aux amateurs.
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Nous terminons cet ouvrage sur Péking, avec la conscience de le laisser fort incomplet. Nos occupations de missionnaire ne nous ont pas permis de nous étendre davantage. Nous avons du moins essayé de donner une vue d'ensemble aussi exacte que possible sur l'histoire et la vie de cette capitale du plus grand empire de l'Asie, en mettant en relief les traits les plus saillants et les plus propres à faire connaître Péking sous ses différents aspects. — Nous aurions désiré mieux satisfaire la curiosité du lecteur, tout en épargnant ses loisirs; qu'il veuille bien, en considération de notre bonne volonté, nous accorder son indulgence.