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LA LOUISIANAISE

A Mme Alphonse LeDuc

DK LA NOUVELLE-ORLEAKS

Je sais une rive sereine

Qui, sur un frais lit de roseaux,

S’endort au chant de la sirène,

Et s’éveille au chant des oiseaux.

Pays de douce nonchalance, Où toujours le hamac balance, A l’ombre des verts bananiers, Son heureuse indolence Aux souffles printaniers !

Je sais une ville rieuse,

Aux enivrements infinis,

Qui, fantasque et mystérieuse, Règne sur ces climats bénis ; Ville où l’orange et la grenade Parfument chaque promenade ; Où, tous les soirs, les amoureux Chantent la sérénade Sous des balcons heureux.

Je sais une femme divine,

Au teint pâle, aux yeux andalous, Si belle que chacun devine Que les astres en soient jaloux :

C’est la brune Louisianaise,

Dont la splendeur brille à son aise Dans cet étemel messidor :

Toile de Véronèse Dans un beau cadre d’or !

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