‹ Pêle-mêleChapitre 49 sur 54 · A M. PROSPER BLANCHEMAIN · texte numérisé non relu

A M. PROSPER BLANCHEMAIN

Maître ès Jeux Floraux de Toulouse

Toi dont F aile plana sur notre aurore , Ô France!

Toi qui de l'idéal connais tous les chemins !

Toi dont le nom, fanfare aux accents surhumains.

De tout peuple opprimé sonne la délivrance !

Terre aux grands deuils suivis d' éclatants lendemains ! Noble Gaule, pays de F antique vaillance,

Qui sus toujours unir, 7iierveilleuse alliance,

Au pur esprit des Grecs, F orgueil des vieux Romains !

Toi qui portes au front Paris, l’auguste étoile Qui de F humanité dirige au loin la voile.

Nous, tes fils éloignés, nous t’aimons, lu le sais !

Nous acclamons ta gloire et pleurons tes défaites . . .

Mais c’est en écoutant le chant de tes poètes

Que nous sentons surtout battre nos cœurs français !

A Messieurs L’ABBÉ R. CASGRAIN

et Louis-H. Fréchette

Je cherchais , à l'aurore , une fleur peu connue , Fraîche fllle des bois et de secrets ruisseaux ,

Des sources de cristal aux murmurantes eaux Enchaînèrent mes pas et surprirent ma vue.

O folle cascatelle! en légers écheveaux Son onde s'eflilait sur une roche nue ,

Puis, sous un rayon d'or un moment retenue. Elle riait, limpide, entre ses verts roseaux.

Et comme j'écartais fleurs et branches mutines. Ravi, F oreille ouverte aux rumeurs argentines. Pareilles aux soupirs dun luth mystérieux.

Soudain, glissant vers moi sur son aile inquiète A travers les rameaux, doux et penchant sa tête. Un rossignol vint boire au flot harmonieux.

Le rêveur, comme moi sous la forêt profonde. S'enfonce dans la foule en l'ouvrant de la main.

L' Espérance sourit dans l'ombre du chemin.

Ce qu'il cherche, ô science, est-ce ta fleur féconde ?

Est-ce une illusion plus douce au cœur humain ? Est-ce un baume nouveau dont le parfum l'inonde ? . . . Mystères du désir ! saint idéal, qu'au monde Les âmes vont cherchant, hélas ! toujours en vain !

Vous êtes ce rêveur à la tête naïve,

Maître ! — mais qii'un instant vibre une voix plaintive, Ce seul soupir suffit pour arrêter vos pas ....

Et toi, comme l'oiseau de la source cachée ,

T' enivres-tu dans l'ombre à quelque âme épanchée,

O barde, ô mon ami, que tu ne chantes pas ?

Alfred Garneau.

Ottawa, novembre 1865.

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