ACTE DEUXIEME
PELLEAS.
Entrons-y... Il faut pouvoir décrire l'endroit où vous avez perdu la bague, s'il vous interroge... Elle est très grande et très belle. Elle est pleine de ténèbres bleues. Quand on y allume une petite lampe, on dirait que la voûte est couverte d'étoiles, comme le ciel. Donnez-moi la main, ne tremblez pas, ne tremblez pas ainsi. Il n'y a pas de danger : nous nous arrêterons au moment que nous n'apercevrons plus la clarté de la mer... Est-ce le bruit de la grotte qui vous effraie? Entendez-vous la mer derrière nous ? — Elle ne semble pas heureuse cette nuit... Ah! voici la clarté !
La lune éclaire largement Feutrée et une partie des ténèbres de la grotte; et F on aperçoit, à une certaine profondeur , trois vieux pauvres à cheveux blancs, assis côte à côte, se soutenant F un à F autre, et endormis contre un quartier de roc.
Ah!
PELLÉAS
Qu'y a-t-il ?
Il y a... Il y a...
Elle montre les trois pauvres.
PELLÉAS
Oui; oui; je les ai vus aussi...
Allons-nous-en ! . . . Allons-nous-en ! . . .
PELLÉAS
Ce sont trois vieux pauvres qui se sont endormis... Pourquoi sont-ils venus dormir ici?... Il y aura une famine dans le pays.
Allons-nous-en!... Venez... Allons-nous-en!...
PELLÉAS
Prenez garde, ne parlez pas si fort... Ne les éveillons pas... Ils dorment encore profondément.. Venez.
Laissez-moi ; je préfère marcher seule...
PELLÉAS
■ Nous reviendrons un autre jour...
Ils sortent.