‹ Pelléas et MélisandeChapitre 43 sur 49 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

GOLAUD

J'ai tué sans raison ! Est-ce que ce n'est pas à faire pleurer les pierres!... Ils s'étaient embrassés comme des petits enfants... Ils étaient frère et sœur... Et moi, moi tout de suite !... Je l'ai fait malgré moi, voyez-vous... Je l'ai fait malgré moi...

LE MÉDECIN

Attention ; je crois qu'elle s'éveille...

Ouvrez la fenêtre... ouvrez la fenêtre...

ARKEL.

Veux-tu que j'ouvre celle-ci, Mélisande ?

Non, non ; la grande fenêtre. . . c'est pour voir. . .

ARKEL.

Est-ce que l'air de la mer n'est pas trop froid ce soir ?

LE MÉDECIN

Faites, faites...

Merci... Est-ce le soleil qui se couche ?

ARKEL.

Oui ; c'est le soleil qui se couche sur la mer ; il est tard. — Comment te trouves-tu, Mélisande?

MELISANDE.

. Bien, bien. — Pourquoi demandez-vous cela ? Je n'ai jamais été mieux portante. — Il me semble cependant que je sais quelque chose...

ARKEL.

Que dis-tu ? — Je ne te comprends pas...

MELISANDE.

Je ne comprends pas non plus tout ce que je dis, voyez-vous... Je ne sais pas ce que je dis... Je ne sais pas ce que je sais... Je ne dis plus ce que je veux...

AKKKL.

Mais si, mais si... Je suis tout heureux de t'entendre parler ainsi ; tu as eu un peu de délire ces jours-ci, et l'on ne te comprenait plus... Mais maintenant, tout cela est bien loin...

, MELISANDE.

Je ne sais pas... — Etes-vous tout seul dans la chambre, grand-père?

ARKEL.

Non ; il y a encore le médecin qui t'a guérie...

MELISANDE.

Ah...

ARKEL.

Et puis il y a encore quelqu'un...

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