LA RAGE
» Cette effrayante maladie n'EST plus a craindre.
» M..., médecin vétérinaire, a trouvé un remè4e infaillible qui guérit la rage même trois jours après la morsure; nombreuses expériences; pièces incontestables. Vingt francs le flacon, »
J'ai reçu ces jours-ci le prospectus d'un autre médicament qui guérit également la rage d'une manière infaillible, mais pour cinq francs.
Eh bien, je prétends que l'autorité n'a pas fait son devoir.
Pour ne parler que du vétérinaire, ce que j'en dirai «'applique aux autres. L'autorité, à la première apparition de son annonce, aurait dû : 1® en suspendre l'insertion dans les journaux ; 2® soumettre son spécifique à un examen rigoureux.
Alors :
Ou le vétérinaire a raison, et il a trouvé réellement le remède à la rage; et, alors, on ne doit pas permettre qu'il y ait tant de gens qui, faute de vingt francs, n'aient pas le moyen de ne pas mourir enragés.
Le vétérinaire doit, au moyen d'une magnifique récompense nationale, être exproprié de son invention, et son spécifique doit être vendu deux sous et au besoin donné gratuitement dans toutes les pharmacies et dans toutes les mairies.
Ou le spécifique ne guérit pas de la rage et alors on ne doit pas permettre que ce successeur de saint Hubert, en abusant les victimes, les empêche d'avoir recours à la cautérisation; il doit être condamné aune peine avec défense rigoureuse d'annoncer son remède.
Cela aurait dû se faire hier. Le fera-t-on demain !
A propos des chiens et de la rage, — je propose ceci :
Vu que, dans Tétai actuel de la science, on attribue
presque unanimement la rage aux abstinences forcées
des chinois, — il est édicté sous des peines sévères ce
qui suit :
Toute personne voulant avoir un chien s'arrangera pour en avoir deux, — un male et une femelle, — marem et fœminamy comme dit Varron.