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ÉPITRE A ROUCHER

Poursuivi par forage et la fatalité,

Poète, tu vivras dans l'Immortalité.

Des vers sur tes genoux j'apprenais l'harmonie ;

J'admirais à douze ans ta gloire et ton génie.

Je n'oublierai jamais le bien que tu me fis

Et le cœur de mon père est pour toi dans son fils.

De tes petits enfants, par un destin prospère,

J'ai rencontré les pas et je serai leur pèr-- ;

Ils viendront dans mes bras comme, en nos entretiens,

Attiré par ta voix je volais dans les tiens ;

Citoyen et poète, au bien toujours fidèle,

Tu seras dans les cieux leur phare et leur modèle ;

- beaux vers, inspirés par un pur sentiment, Avaient marqué ta place au divin firmament, Et lorsqu'au sein de Dieu ton âme fut ravie Tu lui portas l'encens des vertus de ta vie.

Dupaty, de l'Académie française, auteur de ces ver envoyait au fils de Roucher en y ajoutant ces ligm - :

> s noms ont été tellement unis par l'amitié de nos pères que rien ne peut les séparer. Élevé pour ainsi dire sur les

genoux de Roucher, frappé de sa bonté, de ses talents et de son infortune, j'avais, après bien du temps qui n'avait point altéré mes souvenirs, retrouvé un jour la chère Eulalie...

Il la retrouva, mais pour la perdre bientôt ; il voulut, du moins, lui rendre un religieux hommage et, dans le discours qu'il prononça sur sa tombe, il fit appel à la justice impartiale de la postérité :

... Roucher, dit-il, avait eu deux grandes passions : l'amour des vers et celui du bien public. L'amour des vers l'avait conduit à la gloire et l'autre à l'échafaud, dans un temps ftmeste où les arrêts d'un tribunal de sang étaient pour les victimes un certificat de vertu.

La Terreur avait écarté de sa tombe les hommages de l'amitié et j'espère être agréable à son ombre en venant les lui rendre sur le cercueil de sa fdle...

Les ouvrages de ton père, après une épreuve de cinquante années, brillent encore par la force, l'élégance et l'harmonie du style, la richesse du coloris et la fécondité des images. Dernièrement, à l'Académie française qui aurait été fière de l'appeler dans son sein, les vers touchants qu'il adressait à sa famille en allant à la mort furent répétés avec émotion par une de ces voix éloquentes qui consacrent tout ce qu'elles louent.

Si dans l'immortalité du ciel on est encore touché des hommages de la terre, dis à ton père, Eulalie, que les siècles ne perdront pas le souvenir du chantre des Mois...

Les qualités de l'âme, Roucher les possédait toutes et toi, Eulalie, douce fille de la poésie et de la vertu, dont tes regards et ton cœur conservaient l'empreinte, tu en avais hérité de ton père.

ÉLOGE DE ROUCHEU par Fontanes.

Je do puis élever ma timide chanson

Aux sublimes accords du moJerne Thomson.

Roucher, digne rival des poètes antiques,

Comme eux à la nature adressant ses cantiques,

Du même enthousiasme auprès d'elle inspiré,

Sur les champs, sur les mers, dans les cieux égaré,

Instruit par l'Angleterre et par la Germanie,

De la lyre française agrandit l'harmonie ;

Plus simple, je ne veux que ton doux chalumeau,

Berquin...

(Extrait du petit poème de la Forêt de Navarre.

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